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"La France risque de payer cher le RGPD européen", promet le patron du CES de Las Vegas

"Aux Etats-Unis, la vie privée est importante aussi, mais il y un équilibre entre la défense de la vie privée et l'innovation", assure Gary Shapiro, patron du CES de Las Vegas

"Aux Etats-Unis, la vie privée est importante aussi, mais il y un équilibre entre la défense de la vie privée et l'innovation", assure Gary Shapiro, patron du CES de Las Vegas - Ethan Miller - Getty images North America/AFP

Selon Gary Shapiro, organisateur du CES de Las Vegas, le règlement européen sur la protection des données (RGPD) aura des conséquences sur l'innovation et le financement de la French Tech.

"La France a beaucoup d'entrepreneurs, mais elle va rater beaucoup des futures vagues technologiques". Ce sont les propos tenus par Gary Shapiro, patron du Consumer electronics show (CES) de Las Vegas. Il a fait cette déclaration non pas depuis les États-Unis, mais à Paris à l'occasion du CES Unveil un événement qui se tient cette année sur le Salon de l'auto à la porte de Versailles.

Selon l'organisateur du salon américain, cette situation ne vise pas la capacité d'innovation de la French Tech. C'est la conséquence du règlement européen sur la protection des données (RGPD) adopté en mai par l'Union européenne. "L'Union européenne avec le RGPD est extraordinairement concentrée sur la défense de la vie privée des individus", note Gary Shapiro en soulevant que "la donnée est la nouvelle richesse, on a besoin de la donnée partout maintenant".

"On ne devrait pas avoir le droit de garder toutes ses données privées. S'il y a une voiture devant vous qui rentre dans une autre voiture, est-ce que c'est une donnée privée? Et si vous êtes passé dans un nid de poule, est-ce que c'est une donnée privée?", argumente-t-il.

Un équilibre entre les données privées et l'innovation

Du fait des règles protectrices de la vie privée posées par le RGPD, "l'Europe va perdre du terrain sur la Chine et sans doute aussi sur les États-Unis" en termes d'innovation, a-t-il estimé. "Aux États-Unis, la vie privée est importante aussi, mais il y un équilibre entre la défense de la vie privée et l'innovation", a-t-il ajouté.

Pourtant, l'Europe et la France en particulier n'ont rien à envier aux États-Unis en matière de capital humain, pense le responsable américain, qui est aussi l'un des grands lobbyistes de l'industrie électronique grand public auprès de l'administration américaine. Mais la réussite des start-up européenne est freinée, selon Gary Shapiro, par "la fièvre régulatrice" des instances européennes.

Cette déclaration a jeté un froid auprès des fondateurs de start-up et des investisseurs. Cette année encore, la France aura la plus forte délégation de start-up, après les États-Unis. L'an dernier, 337 entreprises françaises avaient fait le déplacement à Las Vegas, auquel ont assisté environ 5.500 Français, selon le CES. "Je ne pense pas qu'il y ait un autre événement international où les Français sont aussi nombreux, a part peut-être la Coupe du monde de foot", sourit Gary Shapiro.

Pascal Samama avec AFP