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Sale temps pour le crédit immobilier

Les Français ne comptent plus emprunter

Les Français ne comptent plus emprunter - dr

Les Français boudent le crédit, à la consommation mais aussi immobilier : 4 % d'entre eux seulement envisagent d'emprunter dans les six prochains mois, soit la proportion la plus faible en plusieurs années.

Le crédit n’aurait-il plus la cote ? Certes, la vingt-quatrième édition de l’Observatoire des crédits aux ménages, dévoilée cette semaine, montre que près de la moitié des Français en détenait un (immobilier et/ou à la consommation) fin 2011, comme en 2010.

Mais l’enquête révèle aussi que seule une part minime d’entre eux prévoient de recourir à l'emprunt dans un futur proche.

Un contexte historiquement défavorable

Dans les six prochains mois, 3,6 % 4 % de l’ensemble des ménages envisagent de souscrire un crédit à la consommation, indique l’observatoire. Ils étaient 4,1 % il y a un an et 4,4 % en 2009. Mais les Français boudent tout autant, si ce n’est plus, le crédit immobilier, avec seulement 4 % d’intentions de souscription au cours du premier semestre, contre 4,8 % l’année dernière et 5,6 % il y a deux ans. Selon le document, le recul de la demande, « rapide, répond à la montée des difficultés et des incertitudes qui ont accompagné le déclenchement de la crise de la dette ». En cause également, le recentrage du prêt à taux zéro (PTZ+) sur le seul immobilier neuf et le nouveau rabotage du dispositif Scellier, principal soutien de l’investissement locatif. « Jamais depuis la mise en place de l’Observatoire des crédits aux ménages, on aura connu un contexte aussi peu favorable au crédit immobilier », constate encore le rapport.

Ces chiffres confirment la perspective d’un net repli de la production de crédit immobilier dès cette année. Dans un entretien récent à LaVieImmo.com, l’économiste Michel Mouillart, auteur de l’Observatoire des crédits aux ménages, estimait que « la production effective [passerait] de 140 à 150 milliards environ en 2011 à 100 à 105 milliards, au maximum, en 2012-2013 ». Soit un niveau largement insuffisant pour « répondre à la crise du logement… ».

Emmanuel Salbayre