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La construction de logements neufs retrouve son niveau de 2019 mais reste loin des bonnes années

Chantier de construction à Montevrain près de Paris, en mai 2020

Chantier de construction à Montevrain près de Paris, en mai 2020 - CHRISTOPHE PETIT TESSON / POOL / AFP

Après le trou d'air lié au premier confinement, les chantiers ont mis du temps à retrouver leur niveau d'avant-crise. Si c'est désormais le cas, les permis de construire restent très en-deçà des niveaux de mi-2017.

La construction de logements en France a retrouvé son niveau d'avant-crise au troisième trimestre. Mais si les effets de la crise sanitaire se dissipent peu à peu pour le secteur, les chiffres restent encore "bien en deçà" des bonnes années.

Sur les douze derniers mois à fin septembre, ce sont 464.000 permis qui ont été délivrés pour de futurs logements, soit un bond de 15,6% par rapport à la même période un an plus tôt, et 387.600 logements qui ont commencé à être construits en France (+8,2%), a annoncé jeudi le gouvernement.

Et bonne nouvelle, par rapport aux douze mois qui ont précédé le premier confinement, soit la période allant de mars 2019 à février 2020, la progression est de 1,3% pour le nombre de permis de construction délivrés et de -0,1% pour le nombre de constructions commencées. En somme, le secteur a retrouvé son niveau d'avant-crise.

"Un résultat en trompe-l'oeil"

C'est un "rebond assez net du marché de la construction de logements neufs après un repli en 2020 qui, finalement, avait été plus modéré que ce qu'on aurait pu craindre", résume à l'AFP l'économiste Olivier Eluère, spécialiste de l'immobilier au Crédit Agricole.

Mais "c'est un résultat en trompe-l'oeil", juge Pascal Boulanger, président de la Fédération des Promoteurs Immobiliers de France (FPI). "D'une part, parce que nous ne constatons pas d'effet de rattrapage des permis de construire perdus pendant la pandémie, et surtout parce que les autorisations restent très en-deçà des niveaux qu'on constatait encore mi-2017".

Il faut dire que le niveau du marché en 2019 était assez bas. "En rythme annuel, on autorise aujourd'hui 50.000 logements collectifs de moins qu'il y a quatre ans", souligne Pascal Boulanger. L'objectif du secteur est alors de tendre vers les chiffres de 2017, "où les autorisations de construction tournaient autour de 500.000", explique Olivier Eluère.

Manque de terrains et poids des normes

Alors, quels sont les blocages qui persistent ? Il y a d'abord ceux que le secteur connaissait déjà en 2019: pas assez de terrains disponibles, le poids important des normes de construction, la difficulté d'obtenir des permis de construction. Parmi les vieux démons du secteur, il faut dire que "les inquiétudes demeurent sur la pénurie de main-d'oeuvre", dit Loïc Vandromme.

Sans compter les problèmes conjoncturels : "si les crédits à des taux très bas boostent la demande, l'offre est contrainte par des coûts élevés du fait des problèmes d'approvisionnement dans le monde", explique Olivier Eluère.

A nouveau, l'offre n'est pas en mesure de répondre aux besoins de logements de la France, notamment pour détendre les zones tendues, comme l'Île-de-France, par exemple. Or c'est la "production dans les zones tendues, nécessaire pour répondre aux besoins des classes moyennes et des travailleurs clés, qui souffre le plus et qui concentre les difficultés", souligne M. Boulanger.

Prime pour les maires bâtisseurs

Pour soutenir la construction dans ces zones, où le nombre de logements disponibles est inférieur à la demande, le gouvernement va verser 130 millions d'euros aux communes en novembre.

Cette aide s'inscrit dans le cadre du plan de relance au titre de la "densification et du renouvellement urbain" et de "l'aide à la relance de la construction durable". La subvention est de 100 euros par mètre carré bâti au-delà du seuil de densité moyen de la commune, avait précisé le ministère à l'AFP en septembre.

JLD avec AFP