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Bureaux vides: Julien Denormandie agite la menace de la réquisition

Julien Denormandie, le ministre chargé de la Ville et du Logement

Julien Denormandie, le ministre chargé de la Ville et du Logement - BFM Business

Le ministre chargé de la ville et du logement n’exclut pas de recourir à ce moyen pour forcer la main des institutionnels qui laissent sciemment certains bureaux vacants.

Si le gouvernement entend s’attaquer au fléau des logements laissés vacants par des propriétaires, dont certains ne veulent pas les louer par crainte des impayés de loyer, il souhaite également se pencher sur le problème des bureaux vides détenus par des investisseurs institutionnels.

"Personne ne peut comprendre qu’il y ait dans certaines grandes métropoles des immeubles de bureaux vacants depuis longtemps et qu'en bas de ces immeubles vous ayez des personnes qui dorment à la rue. C’est inconcevable", souligne ce mardi sur BFM Business Julien Denormandie, le ministre chargé de la Ville et du Logement.

500 millions d'euros pour transformer les bureaux vacants

"Face à ça qu’est-ce qu’on fait? Moi j’accompagne, j’incite. Par contre, si ça ne marche pas, je n’exclut rien. Avec Action Logement, on a créé une foncière de 500 millions d’euros pour accompagner tous les institutionnels qui veulent transformer leurs bureaux vacants pour en faire du logement. Pour aller même plus vite, j’ai changé la loi", explique-t-il.

Mais le ministre met en avant "la façon dont ces immeubles vacants sont comptés dans le bilan de ces grands institutionnels qui fait qu’aujourd’hui on avait des cas aberrants où il valait mieux laisser un immeuble vacant parce que, au titre du bilan de ces entreprises, c’était plus avantageux". De fait, pour une foncière par exemple, la valorisation des immeubles va notamment dépendre des loyers encaissés, y compris des loyers "théoriques" de marché si les bureaux sont vacants. Casser les prix à la location revient alors à fragiliser le bilan en dégradant la valeur comptable des biens. En outre, les rendements du patrimoine affichés ne prennent pas en compte la vacance. Louer moins cher à tout prix pour une foncière, c'est donc réduire le rendement mis en avant dans les rapports financiers.

"Je ne peux pas l’accepter. Je dis: je vous incite, je vous accompagne, une foncière de 500 millions d’euros. Et si jamais ça ne marche pas, je n’exclus rien, y compris la réquisition. J’ai modifié la loi pour se faire pour pouvoir réquisitionner (et) en faire un centre d’hébergement d’urgence", prévient-il.

Une première opération avec la foncière Gecina

Cette approche fonctionne, soutient le ministre. "Il y a beaucoup d’entreprises qui jouent le jeu". Exemple avec la foncière Gecina, "depuis ces derniers jours, elle m’a mis à disposition dans le XIVe arrondissement de Paris, des bureaux vacants pour en faire un centre d’hébergement d’urgence".

Et le gouvernement souhaite aller vite. "On va faire un bilan au fur et à mesure et le prochain bilan, on le fera avant l’été". Les "zinzins" (les investisseurs institutionnels) sont prévenus.

>> Retrouvez l'intégralité de l'interview de Julien Denormandie ici.

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