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200€/mois pour un loft de bureaux de 350 m², ça existe !

Des bureaux qui peuvent déployer de larges espaces : un habitat de choix !

Des bureaux qui peuvent déployer de larges espaces : un habitat de choix ! - Camelot Property

Le groupe Camelot Property propose à des particuliers d’occuper de façon transitoire des locaux vacants, moyennant faible redevance de 200 euros maximum. Présenté à la fois comme un logement économique pour l'utilisateur et pour le propriétaire, ce type d’occupation temporaire est aussi la garantie pour ce dernier que son bien ne soit pas squatté.

Camelot Property mise sur son concept insolite. Créée aux Pays-Bas en 1993, cette société innove dans la manière de penser le logement, donne la possibilités à de jeunes actifs de se loger à moindre coût dans des édifices vacants, publics ou privés. Ces occupants, qui juridiquement ne sont pas des locataires, mais ont le statut spécial de « gardiens-résidants », rendent de fait un service de taille à leur logeur, en réduisant « massivement les menaces de vandalismes, vols de matériaux, intrusions, squat et contribuent ainsi à conserver l'état et la valeur de vos biens immobiliers », indique le site de Camelot Property. Le régime juridique de ce type de contrat est très favorable au propriétaire, ne nécessitant qu’un préavis d’un mois. De son côté, le « gardien-résidant » doit s’acquitter d’une redevance - et non d’un loyer - très faible, de 200 euros maximum fixée par la loi, explique Olivier Berbudeau, directeur du développement de Camelot France.

Un logement peu onéreux qui peut permettre... d'acheter

Si le concept n’a été exporté dans l’hexagone que l’année dernière, il a déjà fait ses preuves aux Pays-Bas, où il est né, mais aussi en Angleterre, en Irlande et en Belgique. En collaboration avec le ministère de la Défense britannique, Camelot Property a notamment développé outre-Manche cette pratique dans des casernes désaffectées. Le Sunday Times avait en effet relaté début 2011 l’histoire de deux londoniens, Gregg et Leigh-Ann Quixley, qui avaient choisi de vivre durant quatre ans et demi dans une caserne de pompiers désaffectée. Le peu que le couple avait déboursé pour se loger pendant cette période lui avait permis d’économiser suffisamment pour pouvoir s’acheter son premier bien immobilier.

Le privé est aussi séduit : « Nous avons également développé l’idée dans les pubs, qui sont généralement pourvus de chambres dans les étages. Ce type d’hôtellerie s’était perdu avec le temps », souligne M. Berbudeau. La formule permet aussi de donner un second souffle aux lieux les plus incongrus : ainsi, aux Pays-Bas, c’est le château d’un parc d’attraction fermé qui fait la joie des nouveaux occupants. En France, le groupe mettra à disposition de ces résidents fin mai un immeuble de bureaux près de Caen. Une aubaine pour les 7 futurs occupants de la large surface de l’immeuble, dont l’un des espaces permet d’aménager un loft de 360 m² destiné à accueillir un seul « gardien-résidant ». Une maison de retraite dans les Yvelines est aussi au programme. En juin, 21 personnes auront choisi de se loger par les services du groupe.

Des jeunes, habitués à la colocation, capables de se reloger rapidement

La cible du groupe : « Des personnes qui ont déjà vécu en colocation, de 25-35 ans, plutôt célibataires. Mais nous visons aussi des gens capables de se reloger rapidement ». De fait, certaines professions se prêtent particulièrement à cet habitat, comme les infirmiers et les personnes travaillant dans la restauration, des secteurs dans lesquels les horaires décalés sont légion.

Une solution de logement commode, donc, mais Camelot Property tient malgré tout à être clair : « il ne s’agit en aucune façon d’une alternative au mal-logement. Nous ne voulons pas précariser des gens déjà en situation précaire ». D’où des conditions de stabilité et de revenus sont de rigueur, alors que le propriétaire des lieux peut mettre fin au contrat après une garantie de 3 mois en plus du préavis.

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Léo Monégier