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PLUS EUROPE: Nokia ne va pas sombrer dans l'oubli - WSJ

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John D. Stoll THE WALL STREET JOURNAL EUROPE ESPOO, Finlande (Dow Jones)--Nokia (NOK1V.HE) était désespéré. Mais il ne faut pas pour autant le considérer comme une victime. Le groupe finlandais n'attirera plus l'attention du monde entier une foi

John D. Stoll

THE WALL STREET JOURNAL EUROPE

ESPOO, Finlande (Dow Jones)--Nokia (NOK1V.HE) était désespéré. Mais il ne faut pas pour autant le considérer comme une victime.

Le groupe finlandais n'attirera plus l'attention du monde entier une fois qu'il aura bouclé la vente de son activité de téléphones mobiles à Microsoft (MSFT) en mars. Mais Nokia ne va pas pour autant sombrer dans l'oubli car les 56.000 employés du groupe continueront de concurrencer Ericsson (ERIC-B.SK) dans les réseaux mobiles et Google (GOOG) dans les logiciels de géolocalisation. Nokia va en outre investir lourdement dans le développement de nouvelles technologies.

Les perspectives de transformation de Nokia sont toutefois davantage basées sur ce que le groupe n'est pas plutôt que sur ce qu'il peut devenir. Ces dernières années, les clients des réseaux mobiles ont parfois évité le groupe finlandais, par crainte que son activité de téléphones mobiles ne finisse par le faire couler. Les investissements massifs réalisés par le groupe dans des outils de géolocalisation de qualité ont par ailleurs été largement ignorés par des acheteurs potentiels, qui ne souhaitaient pas acquérir un élément logiciel aussi critique auprès d'un concurrent dans les téléphones mobiles.

"Nos clients prennent un engagement de très long terme envers nos produits et nous", a déclaré le président du groupe, Risto Siilasmaa, lors d'un entretien cette semaine. "S'ils nourrissent la moindre inquiétude concernant notre viabilité sur le long terme, c'est très mauvais pour les affaires [...] nous avons maintenant répondu à ces inquiétudes, a-t-il ajouté.

Des airs de ressemblance avec Ericsson

Une fois délesté de son activité de téléphones mobiles, Nokia devrait davantage ressembler au groupe suédois Ericsson, qui s'est séparé de son activité de téléphones mobiles en 2012 en vendant sa participation dans la coentreprise Sony Ericsson à son partenaire, Sony (6758.TO).

En tant qu'entité indépendante, le nouveau Nokia aurait dégagé un bénéfice de 436 millions d'euros et un chiffre d'affaires de 6,3 milliards d'euros au premier semestre, a déclaré le groupe jeudi. A titre de comparaison, Ericsson a publié un bénéfice net de 2,7 milliards de couronnes suédoises (313 millions d'euros) et un chiffre d'affaires de 12,5 milliards d'euros au titre des six premiers mois de l'année. Alcatel-Lucent a pour sa part annoncé une perte nette de 1,2 milliard d'euros et un chiffre d'affaires de 6,8 milliards d'euros pour la même période.

Des difficultés demeurent

Le nouveau Nokia reste toutefois confronté à un certain nombre de défis. Les équipementiers de réseaux asiatiques sont des concurrents féroces et l'activité de réseaux de Nokia, Nokia Solutions and Networks, était encore à la traîne par rapport au secteur voilà deux ans et n'est devenue rentable qu'il y a peu. Google est l'acteur dominant du marché des logiciels de géolocalisation mobiles et il pourrait être aussi difficile de le détrôner qu'il l'a été, pour les téléphones équipés de Windows Phone, de rivaliser avec les smartphones fonctionnant avec le système d'exploitation Android, développé par le même Google.

Malgré son incapacité à redresser l'activité de téléphones mobiles, le conseil d'administration de Nokia a démontré qu'il pouvait agir de manière décisive si nécessaire. Le groupe peut ainsi renaître de ses cendres, sous une forme certes plus modeste mais tellement plus rentable.

-John D.Stoll, The Wall Street Journal

(Version française Maylis Jouaret)

(END) Dow Jones Newswires

September 20, 2013 06:04 ET (10:04 GMT)

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