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Nouveau coup de tabac à Wall Street, le Dow Jones perd plus de 1000 points

Le Dow Jones chute à nouveau

Le Dow Jones chute à nouveau - SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

La Bourse américaine a une nouvelle fois décroché jeudi. Le Dow Jones a perdu 4,15% et le S&P 500 recule de son côté de 3,75%.

Après plusieurs séances tumultueuses, la Bourse de New York a de nouveau été saisie jeudi par une grande fébrilité. Le Dow Jones, qui regroupe les trente principales entreprises cotées à Wall Street, a perdu 4,15%, soit plus de 1.000 points. Depuis son record le 26 janvier, il a abandonné 10,35%.

Le Nasdaq, centré sur les valeurs technologiques, a lui lâché 3,90%. Et le S&P 500, qui regroupe les 500 plus grandes entreprises cotées aux États-Unis, a de son côté reculé de 3,75%. Depuis son dernier record, fin janvier, il a lui aussi dégringolé de plus de 10%..

"Les vendeurs ont clairement pris les manettes, toute l'ébullition qu'on a vu en janvier est désormais effacée", a remarqué Adam Sarhan, gérant de portefeuille à 50 Park Investment. "Le marché cherche une direction. Et tant que rien ne change, la tendance est à la baisse".

Les bourses asiatiques plongent

Dans le sillage de Wall Street, les bourses asiatiques ont également plongé vendredi à l'ouverture. En Chine, l'indice composite de Shanghai lâchait 5,47% dans les premiers échanges, à 3083,60 points. A la Bourse de Shenzhen, l'indice composite perdait 3,48% à 1674,18 points. À Hong Kong, l'indice Hang Seng cédait dans le même temps 1288,22 points, soit 4,23% à 29.163,05 points.

Au Japon, à la bourse de Tokyo, le Nikkei des 225 valeurs vedettes perdait dans les premiers échanges 3,22% (-704,01 points) à 21.186,85 points et l'indice élargi Topix de tous les titres du premier tableau reculait de 3,18% (-56,14 points) à 1.709,55 points.

Hausse des taux d'intérêt

La déroute de Wall Street a été déclenchée la semaine dernière par une montée rapide du taux d'emprunt à dix ans des États-Unis. Après plusieurs mois d'euphorie boursière et sur fond d'amélioration de l'économie, les investisseurs se sont soudainement inquiétés d'une possible accélération de l'inflation et d'une remontée plus rapide que prévu des taux d'intérêt de la banque centrale américaine.

Cette évolution rend plus cher le coût des emprunts aussi bien pour les entreprises que pour les investisseurs et offre aux courtiers un placement désormais un peu plus rémunérateur et moins risqué que les actions. En cours de séance jeudi, ce taux d'emprunt a grimpé jusqu'à 2,882%, soit tout près de son niveau atteint lundi quand le Dow Jones a enregistré sa pire chute depuis 2011. Il est ensuite redescendu mais la nervosité était installée.

Les investisseurs gardaient aussi jeudi un oeil sur Washington, où le Congrès devait voter sur un accord budgétaire scellé mercredi entre la majorité républicaine et l'opposition démocrate du Sénat. "La perspective de voir les dépenses de l'État augmenter a alimenté le mouvement de vente sur le marché" de la dette américaine, ont souligné les analystes de Briefing.

Aussi après avoir démarré près de l'équilibre, les indices ont peu à peu perdu de la vigueur avant d'accélérer leur débandade en fin de séance. Ils sont désormais revenus à leur niveau de fin novembre.

"Ce n'est pas anodin"

"Quand on voit deux mois et demi de gains effacés en quelques jours, ce n'est pas anodin", a relevé Adam Sarhan. "Ce n'est pas seulement Monsieur et Madame Dupont qui vendent leurs actions, ce sont les gros investisseurs institutionnels." D'autres observateurs étaient moins inquiets. "Le marché des actions va continuer à évoluer comme cela (en dents de scie) sans que l'on sache quand cela va s'arrêter", a estimé Art Hogan, de Wunderlich Securities.

Dans les salles de marchés, l'ambiance "est plus à la frustration qu'autre chose", a-t-il ajouté. "Ce n'est pas vraiment de la panique (...) c'est une façon de tester jusqu'où on peut descendre." "Quand les indices montaient bien plus rapidement que ce qu'ils devaient, personne ne disait rien", a rappelé Nancy Tengler, responsable des investissements chez Heartland Financial. "Maintenant qu'ils se recalibrent, tout le monde devient nerveux et inquiet."

Pourtant, a-t-elle souligné, les taux d'emprunt ont déjà été bien plus élevés par le passé. "Je pense qu'on n'est pas encore au moment où les investisseurs vont en masse vendre leurs actions pour acheter des obligations. Mais à court terme, cela rend fébriles certaines personnes." Interrogé sur la chute du Dow Jones, un porte-parole de la Maison Blanche a mis en avant le faible taux de chômage et les bénéfices élevés des entreprises, "des éléments fondamentaux qui reflètent une économie en forme".

P.L avec AFP