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Pour cet analyste, la chute soudaine de la Bourse "est tout sauf une surprise"

La soudaine chute des marchés américains ouvre une période de plus forte volatilité

La soudaine chute des marchés américains ouvre une période de plus forte volatilité - Spencer Platt / Getty Images North America/AFP

Après plusieurs mois d’euphorie, la Bourse américaine a drastiquement chuté lundi, lors de sa pire séance depuis août 2011, sur fond d’inquiétude sur le resserrement monétaire que pourrait opérer la Réserve fédérale. Pour autant, le scénario d'un krach n'est pas nécessairement le plus plausible.

Wall Street a brutalement décroché lundi soir: le Dow Jones a perdu 4,6%, le Nasdaq 3,78% et le S&P 500 4,10%. La Bourse de Tokyo a plongé de 4,73% dans le sillage des indices US, alors que les marchés européens "limitaient" mardi la casse avec des replis d'un peu plus de 2% à mi-séance (-2,4% pour le CAC 40 et le Dax allemand, -2,3% pour le MIB à Milan et -2,7% pour l'IBEX espagnol).

Pour Frédéric Rozier, co-responsable de la gestion de portefeuille chez Mirabaud, "cette correction est tout sauf une surprise". Le gérant, qui avait précédemment alerté sur le risque qui pesait sur les marchés américains, estime qu'elle "signifie la fin de la phase 'd’exagération', cette hausse linéaire continue qui semblait sans limite que l’on a connue ces derniers mois".

"Cette sanction va freiner les ardeurs des investisseurs" et "en ce sens, il est probable que l’on ait vu le plus haut sur les indices américains", explique-t-il.

Coup d'arrêt sur le marché américain 

En revanche, pas de krach en vue selon lui. "C’est un coup d’arrêt sur le marché américain qui affirme le fait que le potentiel est limité au regard notamment des craintes que l’on peut avoir sur l’inflation, en particulier l’inflation salariale", mais salutaire, en ce sens que "la période redevient enfin favorable à la gestion active, avec des opportunités qu’il ne faudra pas manquer".

Les points bas touchés mardi matin pouvaient ainsi constituer des niveaux d'achat. "Nous avons commencé à réinvestir ce matin à l’ouverture une partie de nos liquidités" indique Frédéric Rozier, même s'"il ne s’agit pas de se surexposer au marché, qui ne va pas rebondir du jour au lendemain".

En effet, "à Paris, le CAC 40 pourrait encore retomber autour de 5000 points. Mais une bonne partie du chemin baissier a sans doute été accomplie", estime le gérant.

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Frédéric Rozier sur Tradingsat.com

François Berthon