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Marchés: l’Europe a le vent en poupe

Les investisseurs étrangers reviennent sur les actions européennes.

Les investisseurs étrangers reviennent sur les actions européennes. - Mehdi Fedouach - AFP

Les prévisions et les consensus d’analystes se confirment, la différentiel de performance entre l’Europe et les Etats-Unis se lit de manière de plus en plus criante dans les chiffres. 2015 sera-t-elle une année faste pour l’Europe boursière ? En tout cas le 1er mois de l’année tend à le prouver.

L’Europe est sur le point de prendre sa revanche. Face à une Amérique qui plafonne de puis des mois de l’avis général, point de vue performances boursières, les derniers chiffres prouvent que le Vieux Continent est la cible numéro un des grands investisseurs mondiaux.

Taux planchers, afflux de liquidités, perspectives d’un programme de rachats d’actifs de long terme du côté de la BCE, baisse de la facture énergétique due à la décrue des prix du pétrole, Dollar fort… Tous les ingrédients étaient là pour ramener les investisseurs sur les actions européennes.

La preuve elle est dans les chiffres. Le bilan du mois de janvier est éloquent, +8.3% pour le CAC40, on rate de peu une performance historique pour un mois de janvier. Mais la performance est flatteuse face a un piteux -3% pour le S&P500, l’indice large de la Bourse de New York.

Encore plus spectaculaire, les bilans hebdomadaires des flux de capitaux sur les marchés mondiaux de Merrill Lynch. Sur la semaine dernière, +5.1 milliards de dollars pour les fonds actions européens, alors que dans le même temps, 3,3 milliards d’euros ont été retirés des fonds actions américains. 

Patrons américains: le sentiment au plus bas depuis 2008

Bilan sans appel d’un point de vue boursier, mais aussi d’un point de vue fondamental pour les entreprises. Alors que la plupart des publications de résultat en Europe ne déçoivent pas, la plupart des groupes maintenant leurs objectifs ou parlant d’une petite amélioration de la conjoncture, celles des multinationales américaines n’en finissent pas d’inquiéter, entre effets de changes négatifs et inquiétudes sur les perspectives européennes et internationales de manière générale. Pire : la dernière enquête du cabinet Bespoke montre que le sentiment est au plus bas depuis 2008 chez les grands patrons américains, en matière de perspectives d’activité.

De là à se montrer d’un optimisme délirant sur la situation en Europe, loin s’en faut. Les indicateurs d’activité sont toujours faibles, l’inflation au plus bas, l’économie de la zone toujours sous perfusion de la BCE qui va même augmenter la dose de morphine via son programme de Quantitative Easing.

Mais encore une fois, si on fait le compte bénéfices potentiels/risques, l’Europe reste de loin la zone la plus attractive, pas forcément la plus stable, mais celle qui mérite le plus un rattrapage boursier, que beaucoup d’analystes et d’économistes verraient bien comme le début d’un cercle vertueux qui pourrait ramener un peu de croissance.

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Antoine Larigaudrie