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L'ancien trader de la Caisse d'Epargne bientôt fixé sur son sort

La Caisse d'Epargne réclame 315 millions d'euros à son ex-trader.

La Caisse d'Epargne réclame 315 millions d'euros à son ex-trader. - -

La banque réclame 315 millions d'euros à Boris Picano-Nacci, un de ses anciens employés. Le jugement sera rendu le 28 janvier.

"Je n'ai jamais eu conscience d'outrepasser mon mandat, encore moins d'enfreindre la loi". Plus de quatre ans après le début de la crise des subprimes, les traders zélés de l’époque chauffent, pour certains, le banc des accusés. C’est le cas de Boris Picano-Nacci, 37 ans, et ex-employé de la Caisse d’Epargne. Cette dernière lui réclame 315 millions d’euros de dommages et intérêts pour les pertes qu'il lui a fait subir en 2008, lors d'opérations à haut risque sur les marchés financiers.

L’ex- trader a pris "des positions extrêmement risquées et non autorisées par son mandat de "gestion extinctive"". Celui-ci consistait à fermer progressivement son portefeuille sans nouvelle prise de risques, selon Me Marion Lambert, l'une des avocates de la banque, qui s'est constituée partie civile. "Cela a conduit à un préjudice colossal".

Une affaire qui n'est pas sans rappeler celle impliquant Jérôme Kerviel, l'ancien trader de la Société Générale, même si son ampleur n'est pas comparable.

Deux ans avec sursis requis

La Caisse d'Epargne avait en effet décidé en juillet 2008 de fermer d'ici la fin de l'année sa petite activité d'investissement de ses fonds propres. Mais son désormais ex-employé ne l’avait pas entendu de cette oreille, prenant des positions hautement spéculatives. Il avait notamment "parié sur le fait qu'il n'y aurait pas de faillite de Lehman Brothers", "une opération purement spéculative qui ne rentrait pas dans son mandat".

Or, le dépôt de bilan de la banque d'affaires américaine avait provoqué le krach boursier de septembre 2008 et en essayant de se "refaire", le trader avait creusé ses pertes.

Encourant trois ans de prison et 375 000 euros d'amende pour abus de confiance, Boris Picano-Nacci échappera normalement à la prison. Le parquet a en effet requis "au moins deux ans de prison avec sursis", ce lundi 10 décembre.

Le fait qu’il n’ait "jamais fui ses responsabilités", selon un des avocats de la banque a joué en sa faveur. Le tribunal pourra également "envisager à titre complémentaire une peine d'interdiction professionnelle", a-t-il dit. Le jugement sera rendu le 28 janvier prochain.

Yann Duvert et AFP