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Assurance-vie: Louis Gallois sceptique sur le contrat euro-croissance

Louis Gallois doute du contrat euro-croissance

Louis Gallois doute du contrat euro-croissance - -

Le nouveau contrat d'assurance-vie lancé en 2014 ne satisfait pas Louis Gallois. Le Commissaire général à l'investissement a estimé, ce vendredi 13 décembre lors des Entretiens du Trésor, qu'il n'aura pas les effets escomptés.

Les modifications de l'assurance-vie peinent à convaincre. La réforme, adoptée en Conseil des ministres mi-novembre, était déjà considéré comme a minima. Ce vendredi 13 décembre, le Commissaire général à l'investissement, Louis Gallois, a critiqué le nouveau contrat d'assurance-vie "euro-croissance" censé rediriger l'épargne vers les entreprises.

Ce contrat "ne connaîtra pas le développement espéré", a redouté Louis Gallois lors des Entretiens du Trésor, organisé à Bercy.

Il dit avoir "regretté" que ces contrats, censés conjuguer la rentabilité des placements en actions et la sécurité des placements en euros, n'aient pas été poussés plus loin.

Selon Louis Gallois en effet, en France particulièrement, où "l'aversion au risque" est grande chez les épargnants, "s'il n'y a pas un avantage fiscal pour les placements à risque", il sera difficile de diriger l'épargne vers les entreprises.

Le contrat "euro-croissance" est présenté comme un "troisième pilier" de l'assurance-vie, qui, à la différence des contrats dits en unités de comptes (c'est-à-dire placés sous forme d'actions, d'obligations...) offrira un capital garanti à l'épargnant au bout de huit ans.

Il proposera en outre des rendements supérieurs à ceux des contrats en euros, dont le capital est garanti à tout moment. Mais il ne présente pas d'avantage fiscal spécifique.

Christian Noyer optimiste

Lors du même colloque, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, s'est lui dit "assez optimiste" pour ce nouveau placement, mais a également appelé à mener "une vraie réflexion" sur la fiscalité de l'épargne en France.

Christian Noyer s'est dit "un peu désolé de l'évolution des dernières années" et de la "tendance (en France) à considérer que les dépôts à vue doivent bénéficier de la fiscalité la plus favorable" tandis que les placements dans des entreprises, plus risqués, ont, eux, "une fiscalité plus dure".

Toujours dans le souci de mieux financer les entreprises, Louis Gallois s'est inquiété du durcissement de la réglementation du secteur financier, qui selon lui aboutit à "demander à nos banques et nos assurances de courir le 100 mètres avec des brodequins aux pieds."

"C'est un problème européen et non pas français, que l'épargne n'aille pas suffisamment aux entreprises", a-t-il dit, car le marché des capitaux européens n'est selon lui "pas assez profond."

Diane Lacaze & AFP