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Le géant du cosmétique Clarins s'offre un prestigieux grand cru de Saint-Emilion

Un vignoble de Saint-Emilion

Un vignoble de Saint-Emilion - GEORGES GOBET / AFP

Le Château Beauséjour, grand cru classé B, a été vendu pour 75 millions d'euros à une membre de la famille propriétaire et au groupe cosmétique.

Le château Beauséjour, premier grand cru classé B de Saint-Emilion, a été cédé pour 75 millions d'euros à une membre de la famille propriétaire et au groupe cosmétique Clarins, a annoncé mercredi la Société d'aménagement foncier et d'établissement rural (Safer) de Nouvelle-Aquitaine.

La Safer, intervenant à la demande des vendeurs, la famille Duffau-Lagarrosse, a attribué cette propriété de 6,24 hectares plantés "à la société Beauséjour Courtin sous la condition de garantir et de sécuriser l'installation de Joséphine Duffau-Lagarrosse, jeune agricultrice", selon un communiqué. "Cette décision a été agréée par les représentants de l'Etat".

Sans les nommer, la Safer a dit avoir recueilli quatre candidatures pour ce prestigieux domaine du Bordelais appartenant depuis 1847 aux Duffau-Lagarrosse, qui l'ont mis en vente à l'été 2020.

De précieux hectares très convoités

Le vignoble était notamment convoité par deux proches voisins: la famille Cuvelier (propriétaire du Clos Fourtet) et Stéphanie de Boüard-Rivoal (PDG de Château Angélus) mais "à titre strictement personnel" pour cette dernière et non pas au nom de son domaine.

La famille Courtin-Clarins (groupe Clarins) s'était mise sur les rangs comme principal investisseur dans l'offre de Joséphine Duffau-Lagarrosse, 30 ans et initialement opposée à la vente par sa famille selon la presse locale.

Rebondissements

Le dossier a connu plusieurs rebondissements.

En novembre, une majorité des associés propriétaires de la famille avaient choisi les Cuvelier. Mais la vente avait ensuite été confiée à la Safer, société à but non lucratif avec des missions d'intérêt général et placée sous tutelle de l'Etat.

Mi-mars, le comité technique départemental de la Safer avait donné un avis consultatif favorable à Stéphanie de Boüard-Rivoal. Il a été examiné par un comité de validation régional qui a renvoyé la décision définitive au conseil d'administration régional.

Ce dernier a finalement choisi une troisième voie, décidant notamment "de maintenir la propriété (...) dans son intégralité en ne divisant pas le parcellaire, afin de ne pas faire obstacle au maintien du classement" de Beauséjour et de "maintenir le lien historique entre cette exploitation et l'un des membres de la famille Duffau-Lagarrosse".

T.L avec AFP