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Déchets nucléaires: les données confidentielles d'un prestataire piratées

Le futur site d'enfouissement de déchets nucléaires de Bure.

Le futur site d'enfouissement de déchets nucléaires de Bure. - FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

A la suite d'une enquête conjointe avec des médias allemands, Le Monde révèle le piratage de documents confidentiels en lien avec le futur site d'enfouissement de déchets nucléaires de Bure, dans la Meuse.

Le futur site d'enfouissement de déchets nucléaires de Bure (Meuse) se dévoile en ligne avant de se concrétiser. Près de 80 Go de fichiers liés au projet ont été piratés avant d'être mis en ligne, rapporte Le Monde, à la suite d'une enquête menée conjointement avec des médias allemands. 

Les faits, qui remontent à juin, font suite à l'envoi d'un mail à l'ensemble des salariés d'Ingérop. La société française, qui se présente comme un "groupe d'ingénierie technique", compte parmi les prestataires du projet Cigéo de stockage en profondeur de déchets nucléaires, à Bure. Le projet controversé vise à enfouir à 500m sous terre les déchets les plus radioactifs ou à vie longue du parc nucléaire français et a fait l'objet de plusieurs manifestations, parfois musclées

Le mail reçu, invoquant des "actions diverses visant votre entreprise et les personnes impliquées dans le projet Cigéo", invitait ses employés à fournir en réponse toutes les informations confidentielles à leur disposition sur le projet, vers une "adresse sécurisée".

"Confidentiels mais pas si sensibles"

Malgré les avertissements de l'entreprise, invitant les salariés à ne transmettre aucune information, plusieurs documents ont été progressivement mis en ligne. Parmi eux, des fichiers administratifs concernant le site de Bure mais aussi la centrale de Fessenheim et les plans de quatre prisons françaises.

Le Monde juge néanmoins que les éléments publiés sont "confidentiels mais pas si sensibles". Ceux concernant Bure portent sur les risques naturels liés au projet et aux tracés étudiés pour acheminer les déchets radioactifs, ainsi qu'à la configuration des galeries souterraines. 

Militants, lanceurs d'alerte, hacktivistes, opération d'espionnage industriel ou étatique... Les enquêtes menées en France et en Allemagne n'ont à ce jour pas permis d'identifier les responsables du vol de ces documents et de leur mise en ligne. Le relais a été passé à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), qui enquête désormais sur le sujet.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech