BFM Business
Tech

Twitter répond à la polémique sur son algorithme jugé "raciste"

Un algorithme de Twitter, utilisé depuis 2018, a fait l'objet de vives critiques.

Un algorithme de Twitter, utilisé depuis 2018, a fait l'objet de vives critiques. - AFP

Le réseau social est accusé d’avoir mis au point un algorithme mettant davantage en avant les visages des personnes blanches que ceux des personnes noires. L'entreprise indique plancher sur plusieurs pistes pour éviter un tel écueil.

Les investigations de Twitter font pour l'heure chou blanc. Ce 1er octobre, le réseau social indique n'avoir à ce jour pas trouvé de preuves de "préjugés raciaux ou sexistes" dans ses algorithmes. Mi-septembre, et plutôt ironiquement, une série de tweets accusaient Twitter d'utiliser un algorithme d'aperçus de photos "raciste", mettant davantage en avant les photos de personnes blanches, au détriment des personnes noires.

L'algorithme décrié a été lancé en 2018 pour recadrer les photos en fonction des contenus jugés importants, afin de faire gagner du temps aux utilisateurs du réseau social. Pour contrer toute critique à venir, Twitter prend les devants et indique plancher sur plusieurs pistes destinées à éviter tout biais perçu comme raciste dans ses algorithmes.

Une préférence pour les peaux blanches ?

Parmi les solutions envisagées, le fait de s'en remettre aux utilisateurs de Twitter pour les laisser décider du contenu qu'ils souhaitent voir affiché en aperçu ou une piste plus radicale: abandonner purement et simplement le recadrage automatique des photos pour les afficher dans leur intégralité, telles quelles.

Pour rappel, l'un des tweets utilisés pour preuve des biais racistes de l'algorithme de recadrage accolait deux photos de Barack Obama, ancien président démocrate noir, et de Mitch McConnell, chef républicain du Sénat et par ailleurs homme blanc. Dans les deux cas, Twitter sélectionnait en miniature le visage de Mitch McConnell.

À une très dense série de tweets et expérimentations en tous genres faisant valoir l'hypothèse d'un algorithme raciste, Dantley Davis, en charge du design de l'application, avait assuré que le choix du recadrage dépendait du taux du contraste du visage, et non de sa couleur.

Un développeur était jusqu'à lui allé jusqu'à créer un programme publiant 92 images standardisées, mettant côte à côte des visages de personnes blanches et de personnes noires. Dans 52 cas, Twitter avait opté pour le visage de la personne noire pour son aperçu, contre 40 sélections pour le visage d’une personne blanche.

La question des biais ethniques, raciaux ou sexistes des algorithmes reste très vive dans la Silicon Valley. Elle prend une importance toute particulière dans le cas d'algorithmes de reconnaissance faciale, notamment de justice prédictive, amenés à avoir des conséquences concrètes sur le sort de citoyens américains. D'où l'empressement de Twitter à se plier aux injonctions qui auront émané de son propre réseau social.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech