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Taxation des Gafa: Bruno Le Maire appelle à une "prise de conscience" européenne

Le ministre de l'Économie appelle ses homologues européens "à une prise de conscience" sur la nécessaire taxation des Gafa. (image d'illustration)

Le ministre de l'Économie appelle ses homologues européens "à une prise de conscience" sur la nécessaire taxation des Gafa. (image d'illustration) - Stéphane de Sakutin - AFP

Le ministre français de l'Économie a appelé jeudi ses homologues européens "à une prise de conscience" sur la nécessaire taxation des géants du numérique alors que les réserves de certains membres de l'Union européenne semblent menacer ce projet.

Bruno Le Maire réaffirme sa volonté de taxer les géants numériques. "J'appelle mes homologues ministres européens à une prise de conscience. Qu'ils entendent ce que veulent les peuples européens", a déclaré ce jeudi le ministre de l'Économie sur France 2

"Les peuples européens veulent de la justice, ils veulent de la justice fiscale. Ils ne comprennent pas que nous laissions des groupes comme Google, Amazon et Facebook avoir 14 points de taxation de moins qu'une PME ou qu'une entreprise européenne", a-t-il ajouté.

Cette déclaration intervient alors que le projet de taxation des Gafa, présenté fin mars par la Commission européenne, sur proposition de la France, suscite des réticences chez certains États membres. Ce sujet sera d'ailleurs l'un des thèmes abordés lors de la réunion des ministres des Finances européens, dite "Ecofin", prévue samedi à Vienne (Autriche). 

L'Allemagne se désolidarise de la France 

Selon le quotidien populaire allemand Bild, qui cite un document confidentiel du ministère des finances allemands, Berlin estimerait ainsi que la "diabolisation" des grandes entreprises du numérique n'est "pas efficace". 

"Déclarer publiquement que des entreprises comme Google, Apple, Facebook et Amazon doivent payer des impôts sur leurs chiffre d'affaires n'est plus tenable", assurerait cette note interne, signée du ministre des Finances allemand Olaf Scholz.

Dans une interview accordée jeudi au journal Augsburger Allgemeine, Olaf Scholz, dont le parti (SPD) a fait de la "taxe Facebook" une promesse de campagne, a démenti toute volte-face, tout en laissant planer le doute sur ses intentions. "Il y a de nombreuses propositions, qui ont toutes leurs avantages et leurs inconvénients". Une issue sera trouvée, "mais ce n'est pas le genre de solution qui nous vient spontanément le matin sous la douche", a-t-il déclaré.

Vers une décision internationale ? 

Le ministre allemand a insisté sur la nécessité d'une décision internationale et pas seulement européenne. "C'est indispensable, parce qu'il ne faut pas non plus que ces entreprises paient cinq fois leurs impôts", a-t-il déclaré.

Interrogé sur les intentions de l'Allemagne, Bruno Le Maire s'est voulu rassurant. "Les Allemands nous accompagnent depuis le début pour obtenir une taxation des géants du numériques. Je suis convaincu qu'ils nous soutiendront à la fin", a-t-il déclaré.

La proposition européenne, que Paris aimerait voir adoptée d'ici le début de l'année 2019, prévoit la mise en place rapide d'une taxe sur le chiffre d'affaires des géants du net, le temps qu'une solution soit négociée à l'échelle mondiale. Mais la nécessité d'obtenir l'unanimité dans l'Union européenne pour toute réforme de la fiscalité rend le consensus difficile.

A.M. avec AFP