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En Iran, un projet de reconnaissance faciale pour sanctionner les femmes ne portant pas le voile

Une figure d'autorité iranienne a émis l'idée d'un système de reconnaissance faciale dans le métro pour repérer et punir les femmes sans voile, trop maquillées ou habillées trop court.

Les autorités iraniennes cherchent de nouveau moyen d'imposer le port du voile aux femmes, en plein coeur d'un mouvement de protestation féministe d'une ampleur sans précédent, alors que le pays est secoué par la mort d'une jeune femme arrêtée par la police des mœurs.

Tous les moyens semblent bons pour renforcer la rigueur imposée aux femmes, et cela passe également par la technologie. Courrier International rapporte que plusieurs médias iraniens, dont le journal réformateur Arman Emrouz, évoquent un projet de reconnaissance faciale visant à identifier les femmes n'étant pas voilées.

L'idée en question émane en réalité de Mohammad Saleh Hashemi Golpaygani, secrétaire de l'organisation "de la promotion de la vertu et du rejet du vice" (affiliée à l'Etat iranien).

"Aujourd'hui, la technologie est tellement avancée qu'elle peut reconnaître les gens à partir d'images capturées par les caméras. [...] Les caméras dans la ville, notamment dans le métro, prendront des photos des femmes, et une amende [...] leur sera envoyée à domicile", a-t-il déclaré.

Blocage technologique

Selon Courrier International, les sanctions potentielles ne concerneraient pas que le port du voile mais également "un maquillage trop appuyé" ou "un manteau trop court", autant de motifs pretextes à des amendes.

Toutefois, un tel dispositif ne semble pas être en mesure de voir le jour pour l'instant dans le pays. Le 3 septembre dernier, le Club des jeunes journalistes iraniens, qui est affilié à la télévision d'Etat, affirmait que "les caméras du métro de Téhéran ne sont pas capables de reconnaître les visages des gens".

Un autre journal indique de même que les caméras peuvent enregistrer des images "mais elles ne peuvent pas les traiter". Une barrière technologique donc, qui devrait retarder la mise en place d'une telle initiative.

Victoria Beurnez