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Immobilier: les prix grimpent sauf à Paris et dans les grandes villes

A Paris, les prix immobiliers ont explosé en 60 ans

A Paris, les prix immobiliers ont explosé en 60 ans - AFP

Alors qu'il frôlait les 11.000 euros le m2 il y a un an, le prix de l'immobilier à Paris pourrait descendre sous les 10.000 dans les prochains mois. L'usure du Covid semble pousser les habitants des grandes métropoles vers des périphéries moins coûteuses.

Les Parisiens en ont-ils assez de la capitale? Alors que les prix de l’immobilier grimpent dans toutes les régions de France, Paris fait pour une fois figure d’exception. Il y a un an, alors que le m² à l'achat flirtait avec les 11.000 euros et qu'on s’apprêtait à battre des records, depuis, c’est le décrochage.

Selon Century 21, le prix du m² est tombé sous les 10.300 euros au premier semestre, en baisse de 3,6% sur un an. Et c’est particulièrement vrai pour les grandes surfaces qui baissent plus que les studios ou les deux pièces. Dans l'indice des prix Meilleurs Agents pour les Echos, les studios et 2-pièces sont ainsi en recul de 1,3% sur un an quand les surfaces plus grandes reculent elles de 3,3% dans la capitale.

Une baisse pour le moins inattendu. Les Français ont beaucoup épargné depuis un an (près de 150 milliards d'euros de surplus d’épargne), les taux d’emprunt sont au plus bas. Tout est réuni pour que sur le papier l’immobilier à Paris flambent. Mais c’était sans compter l’envie de vert des Parisiens. Car en dehors de Paris, l'lIle-de-France grimpe fort. Si on enlève Paris, la hausse des prix en Ile-de-France est spectaculaire : +9,2% pour les maisons et +9,8% pour les appartements, selon Century 21. Les Franciliens plébiscitent la Seine-et-Marne, le Val d’Oise, l’Essonne et la Seine-Saint-Denis. Si l'absence de touristes étrangers depuis un an et donc de potentiels acquéreurs se fait sentir dans la capitale, il semble toutefois que la crise sanitaire a eu un impact significatif sur les habitants des grandes métropoles.

La revanche des sous-préfectures

Car le même phénomène se rencontre dans à peu près toutes les régions de France. Car si certaines bénéficient à plein de l'appétit des Français pour la pierre (+20% pour les prix des appartements en Nouvelle-Aquitaine, +15% dans les Hauts-de-France et la Normandie sur un an), ce sont les villes moyennes qui sont là encore plébiscités. "C'est le retour en grâce des sous-préfectures et des villes moyennes", assure Laurent Vimont, le président de Century 21. Après avoir amorcé un retour dans les grands centres des métropoles pour habiter plus près du travail et des lieux de loisir, les cadres et les ménages aisés semblent amorcé un voyage en sens inverse. "Il ne s'agit pas de grandes migrations, mais davantage de sauts de puce réalisés pour gagner en qualité de vie", estime Laurent Vimont. Un phénomène rendu possible par le déploiement du télétravail depuis un an. Mais les grandes villes n'ont pas dit leur dernier mot. Si les grandes surfaces intéressent moins les acquéreurs, les petits pieds-à-terre eux ont la cote. Les salariés qui ont quitté le centre de la métropole veulent garder un petit hébergement pour les jours de présence au travail. La petite correction des prix à Paris ne sera peut-être pas durable.

Frédéric Bianchi

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