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Comment le gouvernement veut empêcher les maires de construire trop de HLM

Illustration de HLM à Saint-Denis

Illustration de HLM à Saint-Denis - dr

Dans certaines villes, la part de HLM dépasse les 40%. Un taux qui est jugé trop élevé par le gouvernement.

Après les maires qui ne construisent pas assez de HLM, le gouvernement compte cibler ceux qui en construisent trop. Une circulaire a été signée par les ministres déléguées au Logement et à la Ville, respectivement Emmanuelle Wargon et Nadia Hai, et a été transmise aux préfets cet été, selon une information du Parisien. Cette circulaire a pour but de limiter la construction de nouveaux HLM "au profit d'une diversification de l'offre de logements. Cette mesure doit contribuer à améliorer les conditions de vie de nos concitoyens et à lutter contre le sentiment de relégation".

A partir de quel taux est-il considéré que la ville dispose de trop de HLM? La réponse est claire pour l'exécutif: 40%. L'Institut Paris région constate qu'en Ile-de-France sont regroupés plus de 1,3 million de logements sociaux, soit un quart du parc du national. Le seuil des 40% concerne 42 villes avec en tête Dugny (69,2 %), l’Île-Saint-Denis (61 %), en Seine-Saint-Denis, et Bagneux (60,4 %) dans les Hauts-de-Seine.

Un accord de l'Etat avant de construire

Pour ces communes, l'Etat devra délivrer un accord préalable pour que des logements très sociaux PLAI (prêt locatif aidé d’intégration) et PLUS (prêt locatif à usage social) soient construits. Un coup dur pour certains. Jean-Vincent Vidon, président de l'Aorif (association des bailleurs sociaux d'Ile-de-France) précise au Parisien: "Le loyer y est de 6 à 7 euros du mètre carré. C’est deux à trois fois moins cher que dans le privé. Ces types de logements répondent donc le mieux aux ressources des Franciliens. D’ailleurs, près de 70% des habitants de la région peuvent y prétendre".

Un sujet compliqué puisque l'offre ne répond pas aux besoins. En Ile-de-France, en 2019, 736.000 demandes ont été enregistrées pour 72.000 attributions.

Pourquoi une telle limitation de l'offre alors? Valérie Létard, sénatrice Union centriste, l'explique: "On ne dit pas qu’il ne faut plus construire ce type de logements, mais évitons d’en faire là où il y a déjà une forte concentration au risque de créer des ghettos. Il ne faut pas rajouter de la pauvreté à la pauvreté". D'autant plus que, selon France Stratégie, il existe une concentration plus grande des ménages les plus en difficulté au sein du parc HLM. Loin de la mixité sociale prônée par le gouvernement.

https://twitter.com/DianeLacaze Diane Lacaze Journaliste BFM Éco