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Qui a décidé de la sortie de PSA du Cac40?

PSA sort ce lundi du CAC40, remplacé par le chimiste Solvay

PSA sort ce lundi du CAC40, remplacé par le chimiste Solvay - -

Ce lundi 24 septembre, le constructeur automobile a cédé sa place au chimiste belge Solvay. La décision a été prise par le conseil scientifique de NYSE Euronext, qui se base sur des critères aussi bien objectifs que subjectifs.

Le lion sort du Cac40. Ce lundi 24 septembre, le constructeur automobile PSA quitte l'indice phare de la place de Paris, remplacé par le chimiste belge Solvay. C’est le départ de l’un des fleurons de l’industrie française des 40 valeurs de la Bourse parisienne. L’occasion de se pencher sur le processus décisionnaire qui mène à la sortie ou à l’entrée d’un titre sur l’indice.

L’organe qui préside à ces choix, c’est le Conseil scientifique des indices de NYSE Euronext, la société qui gère, parmi d’autres places de cotations, la Bourse de Paris. Chaque année, il se réunit au moins quatre fois par an, soit une fois par trimestre.

Indépendant de NYSE Euronext, il est composé de huit experts issus du monde de la finance ou d’institution économique (AMF, Banque de France). Ses décisions sont censées permettre de "contrôler la fiabilité et la représentativité des indices", comme le Cac40.

PSA a vu fondre sa capitalisation, et son flottant

Dans le cas du Cac40, les membres du conseil doivent tenir compte de plusieurs variables qui les amènent à prendre des décisions plus ou moins arbitraires. La réglementation de NYSE Euronext précise qu’ils doivent prendre en compte la liquidité d’une entreprise, parmi les 100 valeurs les plus échangées sur la Bourse de Paris. En d’autres termes, une entreprise admise sur le Cac40 doit générer un nombre important d’échanges de la part des investisseurs.

Autre critère objectif : le flottant, c’est-à-dire les actions qui peuvent être échangées librement sur le marché et qui ne font pas l’objet d’une détention de long terme. Ici, ce n'est pas la quantité mais la valeur de ces action qui intéresse le conseil. Ainsi, selon l’Agence option finance, c’est le critère qui pourrait avoir expliqué la sortie de PSA. Le constructeur automobile a sa capitalisation fondre de 43% entre janvier et septembre 2012. PSA n’est ainsi plus que la 73ème société de la bourse parisienne en terme de flottant.

Mais outre ces deux critères quantitatifs, les experts du conseil scientifique peuvent se baser sur de nombreux autres éléments, tels que l’histoire de l’entreprise, son potentiel de croissance ou encore son implantation en France.

Un chimiste entre pour la première fois au Cac40

Ils doivent aussi tenir compte de la représentativité d’un indice boursier. Le Cac est en effet supposé être composé des 40 grandes entreprises reflétant le mieux l’économie française. Ce qui peut amener le conseil scientifique à des ajustements sectoriels au sein de l’indice parisien. Dans le cas de PSA, les experts ont pu vouloir diversifier le Cac40 en décidant d’y faire entrer Solvay, une entreprise spécialisée de la chimie, un secteur pas encore représenté, contrairement à l’automobile, qui compte notamment comme porte-drapeaux Michelin et Renault.

En septembre 2011, Le conseil scientifique avait également décidé de sortir Natixis au bénéfice de l’équipementier automobile Safran. L’idée était alors de diminuer le poids du secteur financier dans l’indice parisien.

Le conseil peut même décider de remplacer une entreprise par une autre du même secteur, afin de maintenir la représentativité de ce secteur dans l’indice. C’est ainsi qu’en 2010 Lagardère avait été remplacé par Publicis, et Dexia par….Natixis! Cette dernière société n’était alors restée qu’une petite année au sein du Cac40.

Julien Marion