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Le retour en grâce boursier de l’ex-Metaleurop

Le spécialiste du recyclage du plomb, du zinc et du plastique, connaît un brutal réveil boursier.

Le spécialiste du recyclage du plomb, du zinc et du plastique, connaît un brutal réveil boursier. - CCieutat

En moins de deux semaines, Recylex a vu son cours de bourse s’envoler de plus de 180%, les investisseurs saluant la fin du plan de continuation de l’ancienne Metaleurop.

Le spécialiste du recyclage du plomb, du zinc et du plastique, filiale du géant minier suisse Glencore, connaît depuis la mi-décembre un regain d’intérêt boursier spectaculaire, avec un cours de bourse passé de 1,08 euro le 15 décembre, à plus de 3 euros. Recylex flambait ainsi de 35% mardi en fin d'après-midi (+35,4% à 3,02 euros à 17 heures), poursuivant sur sa lancée.

L'annonce de la fin du plan de continuation de la société a mis le feu aux poudres. Le Tribunal de Commerce de Paris a entériné ce mois-ci "la bonne exécution" d’un plan sur 10 ans qui avait été adopté en novembre 2005, plus de deux ans après la déclaration du groupe en cessation de paiement.

Feuilleton judiciaire

Au total, Recylex a payé 58 millions d`euros dans le cadre du plan de continuation: près de 50 millions d`euros de dettes prévus initialement auxquels il a fallu ajouter 16 millions d’euros en 2009 et 2010 du fait de procédures judiciaires initiées par 586 anciens salariés.

La liquidation en mars 2003 de la filiale Metaleurop Nord, avait défrayé la chronique. A la longue polémique sur le licenciement des 830 salariés, s’ajoutait celle sur les frais de dépollution du site de Noyelles Godault, que la maison-mère, Metaleurop, rebaptisée Recylex en 2007, a refusé de prendre en charge.

Une partie du feuilleton judiciaire a pris fin en 2013 avec le rejet du pourvoi initié par les liquidateurs de Metaleurop Nord à l’encontre l’arrêt de la Cour d’appel de Douai du 19 septembre 2012 qui avait confirmé le rejet de l’action en comblement du passif de la filiale Metaleurop Nord. Trois procédures sont encore en cours concernant des demandes d’indemnisation d’anciens salariés, l’une en appel et deux en première instance.

Défis majeurs à relever

Pour Yves Roche, qui préside le groupe depuis 2005, le chemin parcouru est immense. "Recylex vient de finir son plan de continuation : c`est une performance exceptionnelle compte tenu du montant du passif de son plan, de sa durée mais aussi des forts aléas économiques rencontrés ainsi que des lourdes procédures judiciaires dirigées à l`encontre de Recylex depuis 2005", a-t-il déclaré.

Le dirigeant n’en souligne pas moins les "challenges majeurs" que le groupe doit affronter pour pérenniser son avenir dans un contexte difficile. Recylex a vu son chiffre d’affaires reculer de 10% au troisième trimestre 2015, sous l’effet d’une forte baisse des cours des métaux, tandis que le chiffre d`affaires sur neuf mois a souffert des grands arrêts de maintenance du second trimestre.

Les priorités de Recylex demeurent ainsi la poursuite des mesures de réduction du besoin en fonds de roulement et les recherches de financement. Le groupe poursuit d’ailleurs ses discussions concernant la recherche d`une enveloppe globale de financement qui comprendrait à la fois le financement du projet de nouvel outil industriel dans le segment Plomb et celui du besoin en fonds de roulement des activités allemandes.

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François Berthon