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La Société Générale va se serrer un peu plus la ceinture 

Siège de la Société Générale à La Défense.

Siège de la Société Générale à La Défense. - Thomas Samson - AFP

La banque, qui achève la mise en oeuvre de son dernier plan d'économies, en annonce un nouveau. Objectif: réduire les coûts de 850 millions d'euros d'ici à 2017.

Malgré un bénéfice en forte hausse, Société Générale entend encore réduire ses coûts... La banque a annoncé ce mercredi 5 août un nouveau plan d'économies de 850 millions d'euros pour 2015-2017, visant à "améliorer sa compétitivité" et compenser la hausse des coûts réglementaires, sans préciser s'il aurait un impact sur ses effectifs.

"Des projets de simplification organisationnelle, d'amélioration de l'efficacité, de renforcement des contrôles sur les charges externalisées et de révision et de simplification des opérations avec la clientèle permettront de générer 850 millions d'euros d'économies supplémentaires à horizon 2017", annonce le groupe bancaire dans un communiqué consacré à ses résultats du 2e trimestre, marqué par un bénéfice net en hausse de 25%.

"Notre ambition, c'est de financer le développement de nos métiers, notamment dans le digital, et de faire face à la hausse des coûts réglementaires", a précisé le directeur financier Philippe Heim. Les dirigeants ont précisé qu'ils s'appuieraient sur les leviers déjà mobilisés lors du précédent plan, ce qui n'exclut pas des suppressions de postes.

Craintes pour l'emploi

Les deux premiers syndicats du groupe (SNB/CFE-CGC et CFDT) ont fait part de leurs craintes pour l'emploi. C'est "une nécessité de faire des économies" mais il y a "forcément une préoccupation" sur les effectifs, a déclaré à l'AFP Jean-Pierre Clauzel, délégué syndical national SNB/CFE-CGC (premier syndicat). Selon lui, la question est de savoir si le plan "va être réalisé par des restructurations ou par des gains d'échelle".

Société Générale a fait cette annonce alors que son précédent plan est désormais achevé à 97% (soit 870 millions réalisés, sur un objectif de 900 millions). Ce plan avait vu la suppression d'environ 1.500 postes dans le monde, mais sans départs contraints en raison d'un accord sur l'emploi signé en février 2013, selon Mathieu Pué, délégué central CFDT. Mais "cet accord arrive à échéance à la fin de l'année et on rouvre les négociations en septembre pour le renouveler", d'où la crainte sur les emplois, a-t-il ajouté.

Bénéfice net de 1,35 milliard d'euros

En ce qui concerne les résultats trimestriels, la banque a enregistré un bénéfice net de 1,35 milliard d'euros, bien supérieur aux prévisions des analystes. Pour comparaison, BNP Paribas a enregistré un bénéfice de 2,6 milliards d'euros et Crédit Agricole de 1,5 milliard sur la même période.

Le résultat de SocGen tient compte d'une nouvelle provision pour litige de 200 millions d'euros, portant le total de sa provision collective pour contentieux à 1,3 milliard d'euros. Comme Crédit Agricole, le groupe fait l'objet d'un passage en revue de certaines de ses transactions en dollars aux États-Unis pour savoir si elles sont conformes au droit américain. Dans une affaire similaire,

BNP Paribas avait écopé de 6,6 milliards d'euros d'amende l'an dernier pour avoir réalisé des transactions avec des pays sous embargo économique américain (Cuba, Soudan, Iran), une sanction sans précédent pour un établissement étranger outre-Atlantique.

A la Bourse de Paris, cette publication était chaleureusement accueillie par les investisseurs, le titre prenant 8,46% à la clôture, dans un marché en hausse de 1,44%.

V.R. avec AFP