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Assurance vie : quelles alternatives au fonds en euros?

Il existe plusieurs alternatives au fond en euros pour les contrats d'assurance vie.

Il existe plusieurs alternatives au fond en euros pour les contrats d'assurance vie. - Shutterstock

Alors que le rendement des fonds en euros ne cesse de baisser et que leur accès se durcit, les épargnants doivent se tourner vers d’autres placements. Lesquels privilégier pour limiter le risque? Décryptage.

En 20 ans, la rémunération des fonds en euros est passé de 5,30% en moyenne (en 2000) à 1,40% (en 2019) selon les estimations de Facts & Figures. Les épargnants, bon gré mal gré, se sont fait une raison: cet actif à capital garanti, à la rémunération annuelle et à la liquidité de tous les instants est en déliquescence. La faute aux taux d’intérêt extrêmement faibles, voire négatifs, alors que les fonds en euros sont composés pour l’essentiel d’obligations d’Etats et d’entreprises. La rémunération de ces dernières a fondu comme neige au soleil ces dernières années.

Face à cela, les assureurs ne sont pas restés sans rien faire. Ils ont pour une grande partie d’entre eux limité l’accès à cette pépite qu’est le fonds en euros, en instaurant aux nouveaux souscripteurs des montants maximum d’investissement sur l’actif garanti. En parallèle, ils ont développé l’offre de supports alternatifs, les unités de compte. Ce terme désigne tous les produits d’investissement contenus dans une assurance vie, autres que le fonds en euros. Il regroupe donc des placements très variés. Si aucune unité de compte ne comporte les qualités intrinsèques du fonds en euros, certaines peuvent néanmoins convenir à un épargnant frileux contraint de diversifier son épargne.

Les fonds diversifiés, avec différents niveaux de risque

Mêlant actions et obligations, ces fonds pilotés par un gérant professionnel peuvent afficher divers niveaux de risque. Plus la part d’actions est importante et plus le risque est élevé. Ce dernier est souvent indiqué dans l’intitulé du fonds: prudent, équilibré, dynamique… D’autres sont dit flexibles, c’est-à-dire que la part allouée aux actions pourra varier (selon une ampleur définie dans le prospectus) en fonction du contexte de marché. Même dans leur approche la plus précautionneuse, ces supports ne sont pas exempts d’une baisse de valeur mais cette dernière sera forcément modeste sur un fonds prudent ou défensif. A contrario, ils pourront délivrer une performance supérieure à celle d’un fonds en euros en période de hausse boursière.

Les SCPI et OPCI, pour investir dans l’immobilier

Les supports immobiliers ont la cote chez les épargnants en assurance vie. Ces produits permettant d’investir sur de l’immobilier professionnel bénéficient en effet d’un rendement attrayant (4,40 % en 2019). Pour autant, le capital n’est pas garanti, la valeur de ces produits étant directement liée au marché immobilier. En outre, il faut se méfier des différentes couches de frais (ceux du produit et du contrat) qui peuvent venir obérer le rendement du support. Par ailleurs, tous les contrats ne référencent pas de SCPI (sociétés civiles de placement immobilier). Autre alternative : les OPCI (pour organisme de placement collectif en immobilier). Il s’agit d’un produit proche mais mêlant immobilier physique, immobilier coté et divers placements financiers.

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Les produits structurés, avec une protection du capital

Ces produits que l’on appelait fonds à formule dans les années 1990 sont de retour sur le devant de la scène. D’une durée fixée à l’avance, ils proposent une rémunération dont les termes sont connus dès la souscription en fonction de scénarios de marché. Ces produits offrent en outre une protection du capital à l’échéance. Attention, cela ne signifie pas forcément que la mise de départ est garantie. Si le fonds à formule affiche la mention "garantie en capital à l'échéance", c'est le cas. Par ailleurs, il y a des fonds "protégés", avec une garantie partielle du capital (par exemple à 90%). Enfin, il y a d'autres fonds à formule dont la garantie du capital va dépendre d'un scénario déterminé à l'avance. Par exemple, le capital est protégé contre une baisse des marchés (déterminée produit par produit) jusqu’à -20%, avec une promesse de rendement à l'échéance de 10%. Mais lorsque ce seuil est enfoncé (par exemple -30% de baisse des marchés), vous subissez alors l’intégralité de la perte (et vous ne récupérez alors que 70% de votre mise dans cet exemple).

Ces produits peuvent offrir une bonne combinaison performance-risque mais il faut néanmoins bien les comprendre avant de souscrire. Certains scénarios étant plus sophistiqués que d’autres, il ne faut pas se laisser guider par la seule promesse de rendement.

Les mandats de gestion, pour déléguer sans souci

Si le monde des placements vous est totalement étranger, pourquoi ne pas déléguer la gestion de votre contrat à un professionnel? Les mandats de gestion se démocratisent et sont maintenant accessibles à partir de quelques milliers d’euros dans de nombreux contrats. Vous confiez alors les rênes à votre assureur et à une société de gestion. Plusieurs niveaux de risque sont accessibles (trois, cinq, dix… selon les contrats). Votre seule tâche : suivre les résultats ! Attention toutefois aux frais. Dans les contrats internet vous y accéderez en rajoutant un modique 0,10 ou 0,20% aux frais de gestion annuels du contrat. Mais chez des acteurs plus traditionnels, la note peut flamber.

Aurélie Fardeau