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Ces 3 nouveaux avantages fiscaux pour les particuliers disponibles en cette rentrée 2020

Cet été, plusieurs nouvelles dispositions fiscales ont été mises en place pour les particuliers.

Cet été, plusieurs nouvelles dispositions fiscales ont été mises en place pour les particuliers. - AFP

Investissement dans les PME, exonérations pour des donations et retraits sur des contrats Madelin... Le législateur a prévu trois grandes nouveautés en matière fiscale pour cette rentrée.

Pas de mauvaise surprise cet été en matière de fiscalité pour les ménages. Au contraire. En effet, deux textes (le décret du 7 août paru au JO le 9 août, ainsi que la troisième loi de finances rectificative pour 2020 du 30 juillet) créent deux nouvelles niches fiscales et en améliore une troisième. Tour d'horizon de ces trois avantages fiscaux.

1. La réduction majorée du dispositif IR – PME

Le dispositif IR-PME, aussi baptisé dispositif Madelin, permet au contribuable de bénéficier d'une réduction d'impôt sur le revenu pour avoir investi dans une petite ou moyenne entreprise. L'exécutif a décidé de majorer temporairement le taux de réduction d'impôt de 18% à 25% du montant investi chaque année dans une PME non cotée pour les versements effectués avant le 31 décembre 2020. Toujours dans la limite d'un plafond de 50.000 euros investis par an pris en compte par l'administration (100.000 euros pour un couple).

Si vous souscrivez des parts de FIP (fonds d’investissement de proximité) ou de FCPI (fonds commun de placement dans l’innovation) avant le 31 décembre 2020, vous profiterez donc d’une réduction d’impôt portée de 18 à 25% de vos versements. Certes, en parallèle, les taux de réduction d'impôt sont abaissées de 38% à 30% pour les FIP Corse ou les FIP Outre-mer. Mais ces placements concernent beaucoup moins de monde.

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"Je suis fan du support (les actions non cotées, NDLR) mais pas de l'enveloppe fiscale", analyse ce lundi dans l'émission BFM Patrimoine Christian Fontaine, rédacteur en chef du magazine Le Revenu. Les frais de gestion élevés posent notamment problème. "L'idéal (...) c'est directement d'investir dans l'entreprise d'un proche ou d'un patron dont vous connaissez le talent", juge-t-il.

2. Une nouvelle exonération de droits de succession

La troisième loi de finances rectificative pour 2020, promulguée le 30 juillet, instaure une nouvelle exonération de droits de succession, à hauteur de 100.000 euros, au profit d’un proche (enfant, petit-enfant, arrière-petit enfant ou, à défaut d’une telle descendance, neveu ou nièce). Pour bénéficier de cette exonération, ce don de sommes d’argent doit d’abord être consenti en pleine propriété. Ensuite, le bénéficiaire de la donation doit affecter la somme au financement de la construction de sa résidence principale (et non l’acquisition), au financement de travaux de rénovation énergétique de sa résidence principale ou encore à la création ou au développement d’une entreprise de moins de cinquante salariés, via une augmentation de capital.

"La mesure est positive (...) mais son ampleur sera sans doute inférieure à ce qu'on pourrait imaginer", souligne Christian Fontaine. "D’abord c'est 100.000 euros pour l'ensemble de vos enfants. (...) Si vous en avez trois, et que vous voulez aider les trois, cela fera 33.300 euros par enfant". Par ailleurs, "ce don là est rapportable à la succession si vous ne prenez pas de précaution particulière" prévient-il.

Autrement dit, si vous n'y prêtez pas attention, le jour du décès, ce n’est pas la somme donnée mais ce qu’elle est devenue qui est ajoutée à l’actif successoral. En tant qu'héritier, si vous vous êtes servi de votre argent pour investir dans l'immobilier, alors que vos frères et soeurs ont dépensé cet argent pour consommer, vous leur devrez de l'argent. Bref, avant de profiter de ce nouvel abattement fiscal, un rendez-vous chez le notaire s’impose. Il vous conseillera sans doute une donation-partage pour éviter ce piège.

3. Travailleurs non salariés: 8000 euros de retrait des contrats Madelin

Cette disposition figure aussi dans la troisième loi de finances rectificative pour 2020. Elle concerne les TNS, les travailleurs non salariés, qui sont particulièrement touchés par les conséquences économiques de la crise du coronavirus. Le gouvernement a voulu faire un geste en faveur de cette population en autorisant le déblocage exceptionnel de 8000 euros des contrats de retraite Madelin avant le 31 décembre 2020, dont 2000 euros sans aucun impôt sur le revenu. En revanche, les prélèvements sociaux s'appliquent toujours.

JLD