BFM Patrimoine

François Asselin (CPME) "ne comprend pas" les orientations du Budget pour le BTP

Invité sur le plateau de Good Morning Business, le représentant des petites et moyennes entreprises estime que le budget 2020 est "plutôt neutre pour les PME" mais que certains secteurs, comme le bâtiment, "sont particulièrement ciblés".

Comme chaque année, le budget 2020 présenté par le gouvernement et amendé par les parlementaires ne fera pas que des gagnants. Invité ce lundi dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business, le patron de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), François Asselin, estime pour sa part que, "globalement, en termes macroéconomiques, il est plutôt neutre pour les PME".

"Par contre, il y a des secteurs qui sont particulièrement ciblés, et ça, très franchement, je ne le comprends pas" poursuit-il. "Je pense, entre autres, au BTP à travers le PTZ en zone rurale. Ce n'est vraiment pas à la hauteur des enjeux: c'est 30 millions d'euros (d'économies) mais ça donne un message complètement brouillé aux territoires périurbains et aux zones rurales", a-t-il souligné.

Le prêt à taux zéro (PTZ) est l'une des principales aides à l'achat d'un logement. Le gouvernement prévoit de le supprimer à partir du 1er janvier prochain pour les logements neufs dans les zones dites "détendues", c'est-à-dire celles où l'offre d'habitat est jugée suffisante par rapport à la demande. L'exécutif s'est toutefois dit ouvert à des aménagements sur l'avenir de ce dispositif

"Un gros pourvoyeur de main d'œuvre non délocalisable"

Autre message inquiétant, selon le patron de la CPME, la limitation du crédit d'impôt pour la transition énergétique (CITE) en 2020 avant une probable disparition en 2021. "On a eu un pas en avant, deux pas en arrière. Bref, on n'y comprend rien", tranche François Asselin. Le CITE doit être plus restrictif pour les ménages aisés à compter de l'an prochain. Or, ce sont ceux qui réalisent le plus de travaux. Le CITE, qui sera maintenu jusqu'à fin 2020, doit être transformé en prime à destination principalement des ménages modestes. 

François Asselin cite, enfin, la déduction forfaitaire spécifique (DFS), une niche fiscale du secteur qui sera mieux encadrée dorénavant. "Bien sûr, il faut en sortir de tout cela mais c'est quand même particulièrement ciblé et ça, c'est un peu incompréhensible" juge le patron de la CPME. "D'autant plus que c'est un secteur qui est un gros pourvoyeur de main d'œuvre (…) non délocalisable".

Thomas Leroy