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Ce qu'il faut savoir avant d'investir dans le vin

Avec les GFV, il est possible de toucher les dividendes en nature.

Avec les GFV, il est possible de toucher les dividendes en nature. - Stéphane Danna - AFP

Vous pensez que le vignoble est un placement d'avenir mais vous n'avez pas les moyens d'acheter un domaine. La solution? Acheter des parts par l'intermédiaire des groupements fonciers viticoles en bénéficiant d'avantages fiscaux. Mode d'emploi.

Vinexepo, le grand rendez-vous international des professionnels du vin, ouvre ses portes ce dimanche 14 juin à Bordeaux, en présence de François Hollande. Une venue qui s'explique notamment par l'importance économique du secteur, qui a représenté un chiffre d'affaires mondial de 420 milliards de dollars en 2013. La filière viti-vinicole présente des opportunités d'investissements, y compris pour les particuliers.

"Pour gagner avec les vignobles, sauf à disposer de quelques millions d'euros et un certain savoir-faire viticole pour gérer le domaine, il est conseillé de passer par un outil de placement collectif, à savoir les groupements fonciers viticoles, les GFV ", explique Christian Fontaine, rédacteur en chef du magazine Le Revenu sur BFM Business.

Ces GFV sont des sociétés civiles qui réunissent un nombre limité d'associés dans l'objectif d'acquérir et de gérer des parcelles de vigne. Et le ticket d'entrée n'est pas très élevé, puisque les parts peuvent valoir entre 3.000 et 50.000 euros.

Privilégier les grands domaines

Comme dans tout investissement, le choix du placement est essentiel. On peut trouver des groupements fonciers viticoles dans tous les terroirs. Et il peut être tentant d'acquérir des petits terroirs dont le prix n'a pas flambé. "C'est déconseillé aux vu des performances des années passées" assène Christian Fontaine. Les AOP (appellations d'origine protégées) ont gagné plus de 200% en 23 ans, plus de 400% pour les Saint-Julien, plus de 500% pour les champagnes, plus de 800% pour le Pauillac.

"Les vignes hors AOP comme les appellations villages, n'ont progressé que de 10% sur la même période, même si l'on note une remontée des prix en 2014" ajoute-t-il. Côté rendement, il faut tabler sur environ 2% par an, frais déduits.

C'est peu mais c'est un actif tangible qui se valorisera avec le temps. "Mon conseil, c'est de toucher ses dividendes en nature. Et en complément vous pouvez aussi acquérir des bouteilles au tarif propriétaire en fonction du nombre de part détenues. C'est aussi l'occasion de se faire plaisir" conseille-t-il.

Des exonérations intéressantes sur l'ISF

Il faut aussi tenir compte des nombreux avantages fiscaux, qui raviront particulièrement les contribuables assujettis à l'impôt de solidarité sur la fortune. Les GFV bénéficient d'une exonération à hauteur de 75% avec un plafond fixé à 101.897 euros.

"Attention, il ne faut pas confondre exonération et réduction. Si vous souscrivez aujourd'hui des parts de GFV, vous ne réduirez pas l'ISF que vous devez payer cette année. Par contre dans deux ans, car il faut détenir ces parts pendant au moins deux années, vous ne devrez à votre ISF que 25% du prix des parts", met en garde Christian Fontaine. Concrètement, un investisseur qui met 100.00 euros aujourd'hui sur la table, dans 2 ans et demi, il ne verra que 25.000 euros entrer dans la base taxable de l'ISF.

"Autre avantage, si vous achetez ses parts à crédits, les intérêts sont déductibles des revenus", ajoute le rédacteur en chef du magazine Le Revenu. Et en cas de plus-value, c'est la fiscalité de la pierre qui s'applique avec un taux de 34,5%, mais aucun impôts ni prélèvements sociaux au bout de 30 ans de détention. De plus, si la valeur des parts est inférieure à 15.000 euros, elles sont là aussi exonérées de taxation sur les plus-values.

C.C.