EDITO - Goodyear, PSA, Florange: Hollande veut renouer avec le terrain

François Hollande a mal aux usines... La chronique politique du directeur de la rédaction de RMC, éditorialiste chez BFMTV et RMC.

Jean-François Achilli
Jean-François Achilli
Le 11/02/2013 à 8:14
Mis à jour le 11/02/2013 à 8:22
Jean-François Achilli (RMC)

Hollande a mal aux usines. Et c’est bien pour cela que le président envisage d’y retourner rapidement, à la rencontre des salariés de Florange et autres sites menacés, malgré le mécontentement qui va croissant. C’est ce qu’a confié en fin de semaine dernière un proche du chef de l’Etat : François Hollande souhaiterait renouer le contact sur le terrain, afin de démontrer que les problèmes économiques et sociaux restent sa priorité, qu’il traite tous les sujets et ne cherche pas à détourner l’attention avec le Mali ou le mariage pour tous.

Le désarroi est immense !

La manifestation demain des salariés de Goodyear, PSA, Renault, Arcelor-Mittal, Sanofi, peut vite dégénérer. "Il peut y avoir un pépin, nous ne sommes pas à l’abri d’un dérapage" estimait dimanche soir un ministre du premier cercle. À cette pression des usines s’ajoute celle, plus politique, des partenaires de la majorité, PCF et Front de gauche, mais aussi de la frange la plus à gauche du PS, qui ont de nouveau réclamé ce week-end un arrêt de la politique de rigueur.

"Hollande, dans la suite de Sarkozy"

Déclaration qui a provoqué une certaine irritation au sommet de l’Etat, mêlée d’ironie, de la part de Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères dimanche dans l’after RMC de l’émission BFM Politique : "Si c’est une constatation chronologique, Nicolas Sarkozy a été battu, il était président de la République, maintenant, c’est François Hollande. Si cela veut dire que c’est la même politique, je pense que c’est un peu rapide, et en disant cela, je suis diplomate".

"Les Français ne nous reprochent pas les difficultés, mais ils ne supportent pas quand nous nous contredisons, vous savez, les couacs", analysait dimanche soir, en marge de l’émission, Laurent Fabius, qui a concédé que l’inversion de la courbe du chômage à la fin de l’année ne serait "pas facile".

François Hollande y croit toujours ?

Ses proches évoquent désormais l’échéance avec des conditionnels. "Si on y arrive, on pourra alors dire : nous commençons à marquer des points en matière d’emploi", a confié un conseiller du président au début du week-end. Avant de conclure : le chef de l’Etat n’a pas d’autre choix que de garder son cap et de parier sur la durée. Au final, Nicolas Sarkozy est resté interdit de séjour dans les banlieues durant sa présidence. François Hollande ne veut pas que les usines deviennent à leur tour le symbole de l’échec d’un quinquennat. 

>> Ecoutez ici les Coulisses de la Politique de Jean-François Achilli de ce lundi 11 février.

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