BFM Tech

Gare aux "smartphone zombies" qui envahissent les rues

-

- - Dekra

Les accros au smartphone, surnommés "smartphone zombies" se coupent de l'environnement urbain, se mettant du coup régulièrement en danger. Plusieurs études tirent la sonnette d'alarme.

Si vous avez déjà heurté un poteau ou un banc alors que vous marchiez tout en écrivant un SMS sur votre smartphone, sachez que vous entrez dans la catégorie des "smombies", la contraction des mots "smartphone" et "zombie". Deux études de la société de contrôle technique Dekra et de l’assureur GMF viennent coup sur coup de montrer qu’utiliser un smartphone dans la rue peut s’avérer dangereux.

D’après Dekra, qui a observé le comportement des piétons dans six capitales européennes (Amsterdam, Berlin, Bruxelles, Paris, Rome et Stockholm), 17% d’entre eux ont un comportement à risque. 8% ont été vus en train d’envoyer un SMS ou de naviguer sur une appli alors qu’ils traversaient la route, 2,6% passaient des coups de fils, 1,4% ont même été observés en faisant les deux. Enfin, 5% écoutaient de la musique. Autant d’activités qui les coupent de leur environnement. "Une jeune fille a même été vue s’arrêtant au milieu d’une voie de circulation à Stockholm pour sortir son smartphone et écrire un SMS. Il a fallu qu’un bus klaxonne pour qu’elle réalise où elle était", raconte Clemens Klinke, directeur au sein de Dekra, à la présentation de l’étude.

-
- © Dekra

D’après les comportements observés, les Suédois sont les plus distraits tandis que les Hollandais se montrent assez prudents et que les Français se situent dans la moyenne.

Les jeunes plus en danger

C’est justement sur les comportements à risque des jeunes Français que l’assureur GMF s’est penché. Son enquête révèle que 92% des jeunes de 18 à 24 ans lisent ou envoient des SMS en marchant dans la rue, 79% écoutent de la musique, 65% utilisent des applications, 65% prennent des photos et 50% consultent des sites d’information…

Les sondés ont également admis avoir déjà heurté un piéton et frôlé l’accident alors qu’ils utilisaient leur smartphone en pleine rue : 21% avec un cycliste ou une personne en rollers et, plus grave, 14% avec un véhicule. Pourtant, seuls 65% de ces jeunes estiment que l’usage du smartphone en marchant est dangereux (contre 75% chez les 25-49 ans et 82% chez les plus de 50 ans).

Pour faire face à ce problème grandissant, diverses pistes sont explorées. La GMF a lancé une campagne de prévention accompagnée d’une vidéo à 360 degrés intitulée "la balade de Charlotte".

Dans d’autres pays, ce sont les autorités qui prennent des mesures. En Chine, une municipalité a créé un trottoir spécial smombies, en Allemagne, une autre a implanté des feux de signalisation dans le sol tandis qu’aux Etats-Unis des amendes voire des séjours en prison sont prévus pour les piétons inconscients.

Rappelons qu'en France, 11.216 accidents corporels ont impliqué un piéton en 2014, soit 19% de l’ensemble des accidents.