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L'audiovisuel public devra faire 190 millions d'euros d'économies

Les arbitrages rendus jeudi 19 juillet confirment la fin de la diffusion terrestre des chaînes France 4 et France Ô.

Le gouvernement a enfin rendu ses arbitrages concernant l'audiovisuel public, ils ont été annoncés ce jeudi 19 juillet par Matignon.

Le point le plus attendu était le montant des économies exigées. Il s'élève finalement à 200 millions d'euros par an à l'horizon 2022, dont 160 millions pour France Télévisions, et 20 millions pour Radio France.

C'est moins que les chiffres qui avaient circulé jusqu'à présent. "Bercy réclamait à l'origine 700 millions d'euros, avec l'arrière pensée d'atterrir en fin de négociation à 400-500 millions", se souvient un parlementaire de la majorité. En avril, les Echos avaient évoqué 500 millions d'euros. Lundi, le Figaro affirmait que le Comité action public 2022 exigeait 400 millions. 

Toutefois, en plus de ces 200 millions d’euros, les chaînes publiques devront "redéployer d'ici 2022 150 millions d’euros vers le numérique". Ce qui permet à Matignon de chiffrer leur effort budgétaire à près de 400 millions au total.

En pratique, le gouvernement précise qu’une première réduction de budget de 35 millions d’euros aura lieu dès le budget 2019 .

Suppressions de France 4 et France Ô

Une partie de ces économies proviendra de l'arrêt de la diffusion en TNT (télévision numérique terrestre) de deux chaînes publiques: France 4 et France Ô. Cette suppression, évoquée par la ministre de la Culture Françoise Nyssen le 4 juin, est aujourd'hui confirmée par Matignon, qui annonce que la diffusion terrestre de France 4 cessera "à l'horizon 2020".

Ce double arrêt permettra d'économiser environ 10 millions d'euros en coût de diffusion. Pour les programmes, c'est plus complexe. La grille de France 4 coûte 40 millions d'euros, et celle de France Ô 20 millions. Mais le gouvernement promet que leurs programmes se retrouveront sur les autres chaînes publiques. Une promesse destinée à calmer les lobbies de l'animation et de l'outre-mer, qui défendaient respectivement France 4 et France Ô.

Pour calmer le lobby des producteurs de fiction, le gouvernement promet aussi "maintenir les investissements dans la création", qui sont de 560 millions d'euros par an pour France Télévisions et Arte.

Reste à trancher le sujet de la gouvernance, mais il a été renvoyé à la loi audiovisuelle qui sera examinée "courant 2019", soit autant dire aux calendes grecques.

Au final, un cadre de France Télévisions se dit plutôt soulagé: "on s'en sort pas si mal vu d'où on était parti: les déclarations d'Emmanuel Macron disant que l'audiovisuel public est la honte de la République, le milliard d'économies exigées par Bercy..."

Jean-Remi Baudot avec Jamal Henni