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Comment les acteurs du coworking veulent bénéficier du mix entre présentiel et télétravail

Des entreprises qui se mettent au coworking

Des entreprises qui se mettent au coworking - Lionel Bonaventure - AFP

Le coworking a le vent en poupe et pourrait se développer encore davantage avec la crise. Et de nouveaux espaces sont inaugurés.

Le coworking est peut-être la solution pour répondre à un sacré paradoxe. Selon une étude d'Odoxa réalisée pour BFM Business et le cabinet de conseil Saegus début mars, 80% de ceux qui ont expérimenté le télétravail (ou qui ont des proches concernés) en ont une bonne image. Pour autant une nette majorité (74%) réclame aussi une dose de présentiel dans l'entreprise, et surtout 42% des salariés affirment manquer des outils nécessaires au travail chez eux. On parle d'espace évidemment mais pas seulement.10% mettent, par exemple, en avant une mauvaise connexion.

C'est dans ce contexte qu'est en train de naître un modèle hybride avec, non pas télétravail d'un côté et siège de l'entreprise de l'autre, mais un équilibre à 3 pieds avec au milieu le coworking. Et le leader historique IWG (Regus et Spaces) l'a bien compris. Il a ainsi annoncé mercredi l'ouverture prochaine d'un nouveau centre non pas à Paris mais en banlieue à Levallois-Perret. L'argument: on se positionne à mi-chemin entre le pôle économique et une zone résidentielle. On rapproche le travail et le domicile. IWG a même créé une offre sur mesure: Stop and Work avec des offres de coworking en zone périurbaines proche des lieux de résidence et à dimension humaine.

Le deuxième poste de dépenses des entreprises

C'est d'ailleurs aussi cette semaine qu'IWG a annoncé la signature de son plus gros contrat international avec le géant japonais des télécoms NTT. Accès à tous les centres de coworking ouvert pour les 300.000 employés du groupe dans le monde avec, là encore, la certitude que le travail hybride est le modèle de demain. Et si la demande des entreprises pour ce modèle est forte, c'est aussi parce que l'enjeu est financier.

L'immobilier est le deuxième poste de dépenses des entreprises derrière les salaires. Ça fait des années qu'elles cherchent à sortir de la rigidité des baux traditionnels du secteur qui les engagent pour 3, 6 ou 9 ans. Le co-working constituait donc déjà une alternative. La crise a renforcé ce besoin de flexibilité. CBRE, l'un des leaders dans le conseil en immobilier d'entreprises, a constaté que l'an dernier il y a eu beaucoup plus de sociétés à signer des baux de 3 ans que des baux de 6 ou 9 ans. C'est là que les contrats au mois ou à la journée avec les opérateurs de coworking apparaissent comme une alternative. D'autant que les prix pourraient devenir de plus en plus attractifs. En Ile-de-France, l'offre va massivement augmenter. Alors qu'on compte déjà 26.600 postes disponibles, 16.300 supplémentaires sont attendus d'ici un an à un an et demi.

Marie Coeurderoy