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Or: des analystes moins enthousiastes pour 2013.

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(CercleFinance.com) - Certes, le cours de l'or s'apprête à terminer sa 12ème année de hausse consécutive, en dollars US et selon les fixings de Londres. Mais la progression s'annonce modeste (+ 5,3%) après celles enregistrées en 2009 (+ 27,6%)

(CercleFinance.com) - Certes, le cours de l'or s'apprête à terminer sa 12ème année de hausse consécutive, en dollars US et selon les fixings de Londres. Mais la progression s'annonce modeste (+ 5,3%) après celles enregistrées en 2009 (+ 27,6%), en 2010 (+ 27,7%) et en 2011 (+ 11,6%), de même que relativement à la hausse annuelle moyenne sur la période (+ 16,2%). En vue de 2013, les prévisions de quelques grands bureaux d'études que nous passerons en revue (Société Générale, BNP Paribas CIB, Morgan Stanley, Natixis, Goldman Sachs) augurent effectivement d'une hausse de 10% à 1.830 dollars environ. Mais l'optimisme antérieur a fait place à plus de mesure et certains analystes se montrent même franchement baissiers, notamment au titre de 2014.

Chez Société Générale (SG) tout d'abord, on estime que l'once pourrait grimper en moyenne à 1.850 dollars durant le 2ème trimestre 2013 'en raison des craintes de flambée inflationniste et de la volatilité des devises'. De plus, les derniers plans d'assouplissements quantitatifs de la Fed devraient peser sur la valeur relative du dollar US, sans compter 'qu'il est possible que d'autres outils monétaires soient mis en oeuvre (par la Fed, ndlr) pour parer aux conséquences de la consolidation fiscale' qui se profile aux Etats-Unis.

Toutefois, le stratégiste Métaux de SG, Robin Bhar, avertit aussi que nombreux sont les investisseurs ayant déjà pris position sur le métal jaune, qui dans l'ensemble suscite sur le marché un sentiment positif. 'En conséquence, il est peu probable que les achats des investisseurs soient suffisants pour soutenir longtemps des prix élevés', indique-t-il. En outre, les banques centrales devraient rester acheteuses nettes de métal, mais 'peut-être de manière moins agressive que par le passé'.

En conséquence, différents scénarios sont envisagés par la Société Générale : l'année prochaine, selon les analystes, le prix de l'once devrait être compris entre 1.500 dollars l'once, dans le cas du scénario baissier, et 2.200 dollars, dans le cas le plus optimiste. Le scénario central, jugé le plus probable, table sur un prix de 1.800 dollars.

Chez BNP Paribas CIB, Anne-Laure Tremblay soulignait au début du mois que 'le sentiment sur l'or a été bien plus incertain en 2012 que tel n'était le cas les années précédentes.' Certes, elle s'attend toujours à ce que l'or marque de nouveaux sommets historiques en 2013, sachant que le record absolu (1.920 dollars l'once environ sur le marché au comptant ; 1.896,50 dollars selon les fixings de Londres) remonte à septembre 2011. En cause : les nouveaux assouplissements monétaires, même si le risque d'éclatement de la zone euro, important facteur d'achat de métal jaune ces derniers mois en Europe, s'est amenuisé.

Bref, selon la banque française, le cours moyen de l'once devrait se situer à 1.865 dollars en 2013, contre une précédente prévision de 1.900 dollars. A plus long terme, 'les fondamentaux des métaux précieux deviendront progressivement plus négatifs à mesure que le marché anticipera le retrait des mesures non conventionnelles mises en place par les grandes banques centrales', d'où un pronostic de 1.780 dollars l'once au titre de 2014.

Chez Morgan Stanley, le chef économiste chargé des métaux, Peter Richardson, classe sans hésiter l'or en tête des matières premières aux meilleures perspectives pour 2013, devant le soja, le blé, l'argent et le platine. Le bureau d'études favorise effectivement les matières premières dont l'offre est la plus contrainte, alors que le contexte actuel ne se prête guère à la formulation précise de prévisions de demande. De plus en plus coûteux à extraire au point de pénaliser les comptes des sociétés minières, le métal jaune est dans ce cas. Rares sont les nouveaux gisements d'or dont on peut anticiper la mise en production, indique Mogan Stanley. Sans oublier un coût du travail en hausse et des difficultés géopolitiques.

Bien évidemment, les QE sont également un facteur cité : 'la demande d'investissement restera forte afin de parer à l'affaiblissement du dollar', pronostique le spécialiste, sans oublier 'le bas niveau des taux d'intérêts réels, les achats des banques centrales et l'incertitude géopolitique'. Après 1.683 dollars en 2012, Morgan Stanley table sur un cours moyen de 1.853 dollars l'once en 2013.

Chez Natixis, le pessimisme est de mise. Mi-décembre, le patron de la recherche sur les matières de la banque d'affaires française, Nic Brown, écrivait que

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