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La folle journée de la Bourse

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Dégringolade de Fortis et de Dexia en Europe, rejet du plan de sauvetage aux Etats-Unis : les bourses mondiales, de Paris à New York, ont connu 24 heures plus qu'agitées.

Lundi 17h : le CAC 40 dans le rouge

Le CAC 40 clôture au plus bas depuis mai 2005. En cédant 5,04%, la Bourse de Paris a encore passé une journée très tendue, une parmi tant d'autres depuis le début de la crise. Les mauvaises nouvelles se sont accumulées au fil de la journée, poussant un peu plus le CAC 40 dans le rouge : nationalisation partielle du belgo-néerlandais Fortis et de l'islandais Glitnir, démantèlement de la banque britannique Bradford & Bingley et sauvetage in extremis de la banque allemande Hypo Real Estate. De l'autre côté de l'Atlantique, la quasi faillite de Wachovia n'a pas arrangé les choses. Les principales bourses européennes ont suivi le même mouvement : Londres a perdu 5,30%, Francfort 4,23% dans la journée de lundi.

Lundi 20h : le plan Paulson rejeté

Coup de théâtre à Washington : la Chambre des Représentants Américains rejette le « Plan Paulson », par 228 voix contre 205. En effet, loin de se plier à la volonté du Président américain George W Bush, les représentants républicains ont voté aux trois quarts contre un plan particulièrement impopulaire au sein de l'opinion publique américaine. Ce plan, doté de 700 milliards de dollars, devait permettre de racheter les actifs douteux des banques. Immédiatement, la Bourse de New-York plonge, le Dow Jones terminant vers 22 heures avec une baisse historique de 6,98%.

Mardi 5h : la banque Dexia sauvée

L'Elysée donne son accord pour injecter, en compagnie des états Belge et Luxembourgeois, 6,4 milliards d'euros pour sauver la banque franco-belge Dexia. En effet, Dexia avait dévissé durant la journée du lundi et était menacée. Les gouvernements avaient donc peu de temps pour réagir. Abandonner Dexia tout en laissant les places boursières européennes se réveiller après le choc du rejet du plan Paulson, c'était prendre de très gros risques pour la journée de mardi.

Mardi 9h : les bourses européennes limitent la casse

Le CAC 40 ouvre en accusant une baisse de 2%. On craint alors une journée catastrophe, mais Londres (-0,71%) et Francfort (-1,36%) limitent la casse.

Mardi 11h30 : le CAC 40 à nouveau dans le vert

Le CAC 40 repasse dans le vert, tout comme le Footsie (indice londonien). A l'origine de cette embellie, l'espoir de voir la Chambre des Représentants tomber d'accord dès mercredi soir sur un nouveau plan de sauvetage. Mais également le fait que les gouvernements européens, et notamment français, aient montré leur détermination à ne pas laisser la crise prendre le dessus en agissant très rapidement pour sauver Dexia. Dans le même temps, les représentants des institutions bancaires et des assurances sortent d'une réunion à l'Elysée et assurent que « le système bancaire français est solide et stable ».

Mardi 17h35 : l'espoir renaît

A la Bourse à New-York, le Dow Jones a ouvert en hausse de 2,02% et le Nasdaq observe une hausse de 2,52%. Du coup, le CAC 40 reprend du poil de la bête et clôture en hausse de 1,99%. Ce mardi a permis aux places européennes d'éviter le pire et aux autorités de montrer leur détermination, notamment en sauvant Dexia. Outre-Atlantique, la bourse de New-York montre aussi des signes de regain de confiance, en grande partie dus à l'espoir de voir un nouveau plan de sauvetage émerger dès mercredi soir ou jeudi.

Charles Magnien