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Johnson & Johnson débourse 30 milliards de dollars pour Actelion

Johnson and Johnson s'empare d'Actelion

Johnson and Johnson s'empare d'Actelion - Michael Buholzer / AFP

Un temps convoitée par Sanofi, la pépite suisse de biotechnologie Actelion sera finalement rachetée par l'américain Johnson & Johnson pour 30 milliards de dollars.

Le géant pharmaceutique américain Johnson & Johnson va débourser pas moins de 30 milliards de dollars (27,9 milliards d'euros) pour s'emparer d'Actelion, la plus grosse société bio-pharmaceutique d'Europe, spécialisée dans les maladies rares.

Jeudi matin, les deux sociétés ont dévoilé leur union dans un communiqué commun, le groupe américain offrant 280 dollars par titre en numéraire aux actionnaires d'Actelion, mettant un terme aux rumeurs autour de ce laboratoire suisse qui attisait toutes les convoitises.

L'offre, approuvée à l'unanimité par les conseils d'administration des deux groupes, fait ressortir une prime de 46% par rapport au cours moyen d'Actelion sur les soixante derniers jours et de 23% par rapport à son cours de clôture mercredi.

"Nous pensons que cette transaction offre une valeur convaincante à la fois pour les actionnaires de Johnson & Johnson et d'Actelion", a déclaré Alex Gorsky, le PDG du groupe américain, cité dans le communiqué.

L'opération devrait être "immédiatement relutive", c'est-à-dire créer dès le départ de la valeur pour les actionnaires de Johnson & Johnson, a précisé le groupe américain, qui s'attend à ce que ce rachat ajoute durablement 1% de croissance par an à ses revenus.

La transaction s'accompagne d'une scission des activités de recherche et développement d'Actelion, qui seront regroupées dans une nouvelle entité, qui sera renommée R&D NewCo.

La direction de cette entité, qui sera cotée à la Bourse suisse, sera confiée à Jean-Paul Clozel, le fondateur d'Actelion, qui entend ainsi maintenir la "culture de l'innovation" qui prévaut au sein d'Actelion, s'est félicité ce dernier.

Une cible de choix

Johnson and Johnson, qui a convenu avec Actelion de lui allouer une enveloppe de 1 milliard de francs suisses, détiendra initialement 16% des parts de cette nouvelle entité et disposera d'une option pour grimper dans son capital et en prendre 16% supplémentaires.

A 14H40 GMT, l'action Actelion bondissait de 20,58% à 274,20 francs suisses alors que le SMI, l'indice phare des valeurs de la place suisse, gagnait 0,54%.

Bien que les sommes déboursées par les grands groupes pharmaceutiques pour leurs acquisitions n'aient cessé d'enfler, le montant proposé par Johnson & Johnson n'en apparaît pas moins élevé.

Dans leur scénario de base, les analystes de Jefferies s'attendaient ainsi à une offre au dessus de 250 francs suisses par action, alors même que le titre avait déjà connu une importante poussée de fièvre depuis novembre.

"Nous n'envisageons pas de contre-offre, ont-ils ajouté dans une note, estimant que l'opération de devrait pas, selon eux, rencontrer d'obstacles au niveau de la concurrence.

Sibylle Bischofberger, analyste à la Banque cantonale de Zurich, a elle aussi dit douter qu'un autre candidat entre en lice, dans la mesure où il semble difficile de s'aligner sur ce prix "déjà élevé".

Considérée comme une cible de choix dans le secteur de la pharmacie, la société suisse a régulièrement été au coeur de rumeurs de marché, mais son fondateur, le cardiologue français Jean-Paul Clozel, a toujours farouchement défendu son indépendance.

Fondée en 1996, la société basée à Allschwil, dans la banlieue de Bâle, s'est fait un nom dans les maladies rares, autour de ses traitements pour l'hypertension artérielle pulmonaire.

En 2010 notamment, le nom de Johnson and Johnson avait déjà été évoqué en tant que chevalier blanc lorsque les spéculations avaient tournées autour d'un éventuel rachat par l'américain Amgen.

Johnson & Johnson est revenu dans la course en novembre dernier, confirmant qu'il avait eu des premiers contacts avec Actelion.

Il avait cependant mis un terme aux discussions faute de trouver un accord créant "la valeur adéquate pour ses actionnaires".

Le groupe français Sanofi avait alors été considéré par les marchés comme un possible repreneur.

F.B avec AFP