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Hausse du pouvoir d'achat en 2009 mais ralentissement en vue

Soutenu par la désinflation et les mesures gouvernementales en faveur de la consommation, le pouvoir d'achat des Français a nettement augmenté en 2009 mais il devrait ralentir en 2010, selon l'Insee. /Photo d'archives/REUTERS/Vincent Kessler

Soutenu par la désinflation et les mesures gouvernementales en faveur de la consommation, le pouvoir d'achat des Français a nettement augmenté en 2009 mais il devrait ralentir en 2010, selon l'Insee. /Photo d'archives/REUTERS/Vincent Kessler - -

PARIS - Soutenu par la désinflation et les mesures gouvernementales en faveur de la consommation, le pouvoir d'achat des Français a nettement...

PARIS (Reuters) - Soutenu par la désinflation et les mesures gouvernementales en faveur de la consommation, le pouvoir d'achat des Français a nettement augmenté en 2009 mais il devrait ralentir en 2010, selon l'Insee.

Dans ses comptes nationaux détaillés publiés mardi, l'institut de la statistique annonce une progression moyenne de 2,1% du pouvoir d'achat du revenu disponible en 2009, après une hausse limitée à 0,7% en 2008.

Ce chiffre résulte d'une augmentation de 1,9% du revenu disponible des ménages, moindre que les années précédentes (3,5% en 2008) mais couplée à une diminution de 0,2% du prix des dépenses de consommation, alors que l'inflation avait été de 2,8% en 2008.

Les revenus d'activité représentent 68% du revenu disponible brut des ménages, les prestations sociales 30% et les revenus de la propriété 10%.

Si les revenus d'activité et de la propriété ont stagné du fait de la récession, les stabilisateurs automatiques (baisse des prélèvements fiscaux et hausse des prestations sociales) ont permis d'en amortir l'impact sur le revenu des ménages.

Les prestations sociales ont ainsi progressé de 4,8% en 2009, les cotisations sociales n'ont augmenté que de 1,0% et les impôts sur le revenu et le patrimoine ont baissé de 3,0%.

Sur le seul quatrième trimestre toutefois, le pouvoir d'achat a décéléré, n'augmentant plus que de 0,2% après 0,5% au trimestre précédent, et cette tendance au ralentissement devrait se prolonger cette année.

TAUX D'ÉPARGNE AU PLUS HAUT DEPUIS 2002

Dans sa note de conjoncture parue le 25 mars, l'Insee n'attend qu'une progression de 0,3% du pouvoir d'achat au premier semestre, soit quatre fois moins que lors des six derniers mois de 2009.

"Les soutiens budgétaires et fiscaux vont se tarir un peu et les perspectives de rebond du marché du travail, même chez les plus optimistes, sont moroses", confirme Cyril Blesson, directeur de la recherche économique chez Seeds Finance.

Sur l'ensemble de 2010, la hausse du pouvoir d'achat ne dépasserait pas les 0,6% selon lui.

Compte tenu de l'augmentation du nombre de ménages, de l'ordre de 1,4% par an, cela reviendrait en réalité à une baisse de 0,8% du pouvoir d'achat par ménage, ajoute-t-il.

La faiblesse de la progression des revenus devrait abaisser le potentiel d'épargne mais les enquêtes de conjoncture auprès des ménages révèlent un désir d'épargne de précaution toujours élevé, ajoute Cyril Blesson.

"De plus, la réforme des retraites devrait faire prendre conscience à un nombre croissant de nos compatriotes du besoin de se constituer une épargne retraite", ajoute-t-il.

Selon l'Insee, le taux d'épargne en France a augmenté de 1,1 point l'an dernier pour atteindre 16,4% en moyenne, son niveau le plus élevé depuis 2002.

Véronique Tison, édité par Sophie Louet