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Ces multinationales qui sont assises sur une montagne de cash

La marque à la pomme possède plus de 250 milliards de dollars de trésorerie

La marque à la pomme possède plus de 250 milliards de dollars de trésorerie - Stephen Lan- Getty images- AFP

Il n'y a pas que les géants de la tech américaine à disposer de très grosses réserves en cash. Certaines entreprises européennes détiennent elles aussi de beaux trésors de guerre. À commencer par Total et ses 24,6 milliards de trésorerie. Tour d'horizon.

Depuis des années maintenant, les grandes entreprises américaines qui se portent bien accumulent de véritables trésors de guerre. D'après une étude menée par Bank of America, les 24 multinationales les plus "riches" du pays posséderaient à elles seules 1010 milliards de dollars de cash en réserve, dont 80% seraient basés à l'extérieur des États-Unis.

Apple arrive bien évidemment en tête de ce classement. La firme de Cupertino dispose d'une trésorerie de 261,5 milliards de dollars (environ 220 milliards d'euros) à fin juin 2017. Au niveau actuel, elle est supérieure à la capitalisation boursière de Bank of America, de Walmart, de Coca-Cola ou encore de General Electric. Dans ce classement, la marque à la pomme devance assez largement les deux autres géants de la tech, Microsoft et Alphabet, la maison-mère de Google, qui détiennent respectivement 133 milliards de dollars (110 milliards d'euros) et 94,7 milliards de dollars (80 milliards d'euros).

La grande majorité de ces sommes est investie dans des obligations d'entreprises et des bons du trésor, ce qui fait dire à Bank of America que les géants américains ne sont pas encore prêts à rapatrier leur argent. Ils souhaitent ainsi absolument éviter de payer les 35% d'impôts qu'ils devraient régler au fisc américain pour profiter pleinement de leur trésorerie outre-Atlantique. Mais ils attendent surtout un coup de pouce du gouvernement Trump, qui avait laissé entendre durant la campagne vouloir baisser ce taux à 10%. En 2004, George W. Bush, avait accordé un tax holiday, permettant aux entreprises de rapatrier leurs profits basés à l'étranger, contre le versement d'une taxe de 5,25%. Une initiative qui avait permis à l'époque de récolter 360 milliards de dollars.

Et la France dans tout ça?

Si, aux États-Unis les entreprises de la tech dominent assez largement ce classement, en France, ce sont plutôt les géants industriels qui trustent les premières places. À commencer par Total, qui dispose d'une trésorerie conséquente de 24,6 milliards d'euros au 1er janvier 2017. Arrivent ensuite Renault et Airbus avec pas moins de respectivement 13,8 milliards d'euros et 11,1 milliards d'euros de trésorerie.

En Europe, même constat: les secteurs de l'industrie et l'énergie sont les plus présents dans le TOP 10 des entreprises les plus riches du continent. Pour le moment, le constructeur allemand Volkswagen domine tout le monde avec un trésor de guerre de 27,2 milliards d'euros tandis que les pétroliers BP et Shell ne sont pas très loin avec 23,8 milliards d'euros et 19,6 milliards d'euros de cash en réserve.

Comment les entreprises utilisent leur trésor de guerre

Grâce à ce surplus de trésorerie, les grands groupes peuvent ainsi rémunérer généreusement leurs actionnaires. C'est le cas de Total qui a versé 2,45 euros de dividende par action à ses petits porteurs en 2017, offrant un confortable rendement (environ 5%). Même chose pour la marque au losange qui a distribué 3,15 euros par action (+30% par rapport à 2016), soit un rendement de près de 4%.

Les sociétés peuvent également effectuer des rachats d'actions comme l'avait fait Apple en 2014 en rachetant en l'espace de deux semaines pour plus de 14 milliards de dollars de ses propres actions. Enfin, ces géants peuvent utiliser leur cash pour effectuer des opérations de fusions acquisitions. Ce qui a permis à Total d'acquérir en 2016 le spécialiste français de la batterie Saft pour près de 1 milliard d'euros tandis que le groupe Renault-Nissan a, de son côté, pu racheter le constructeur japonais Mitsubishi pour plus de 2 milliards d'euros.

S.B.