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Ce banquier de Wall Street impose un look plus cool à ses salariés

Jamie Dimon, en septembre dernier, à l'US Open. Le patron de la banque JPMorgan, vétu d'un simple polo, venait de lancer une véritable petite révolution vestimentaire à Wall Street.

Jamie Dimon, en septembre dernier, à l'US Open. Le patron de la banque JPMorgan, vétu d'un simple polo, venait de lancer une véritable petite révolution vestimentaire à Wall Street. - Matthew Stockman - Getty Images North America - AFP

"Le patron de JPMorgan se lance dans une singulière croisade. Jamie Dimon veut dépoussiérer le code vestimentaire des banquiers. Il a donc envoyé un mémo très clair à tous les employés de cette banque réputée traditionaliste."

L’image avait marqué le petit monde de la finance américaine en septembre dernier. Jamie Dimon, éminent patron de JPMorgan, apparaissant à Flushing Meadows, pour assister aux demi-finales de l’US Open de tennis. Dans la loge privée de JPMorgan, en représentation, puisque sa banque est sponsor officiel du tournoi, mais… vêtu d’un simple polo.

Alors que toute l’aristocratie bancaire américaine reste fidèle à l’ensemble costume-cravate club-chemise à col blanc traditionnel, ou, au moins, au blazer, légèrement plus décontracté, Jamie Dimon, a donc clairement choisi d'interpeller l’ensemble de la communauté financière en montrant l'exemple: n'est-il pas temps de changer d’époque en terme de dress-code? 

En finir avec le temps des "Dinosaures"

En novembre dernier, lors du Global Forum organisé par le célèbre magazine américain Fortune, il en a même remis une couche. Appelé à s'exprimer à la tribune de cet événement incontournable du gratin mondial des affaires, il a pris la parole, en costume certes, mais sans cravate, devant des invités qui en arboraient tous une.

Et après une visite d’affaires à un groupe de start-up de la Silicon Valley ces dernières semaines, il a décidé d’envoyer un mémo à l’ensemble des salariés de JPMorgan. Il est désormais temps que les banquiers s’adaptent à leur époque sur le plan vestimentaire. C'est une question d'image. La banque doit éviter de ressembler à une industrie de "dinosaures", déconnectée de ses clients.

Allier le convenable au pratique

Jamie Dimon y va même de quelques conseils concrets. Aucun problème à lâcher le costume cravate. Il convient juste de rester dans le domaine du "business casual": un pantalon classique et un polo soigné aux manches longues sont désormais tout à fait acceptables pour venir au bureau.

Ce code vestimentaire siéra en particulier aux banquiers-golfeurs de la maison qui vont pouvoir gagner du temps. Ils n’auront plus besoin de se changer pour enchaîner rendez-vous au bureau et parties de golf, essentielles pour nouer des relations d’affaires à New York.

Le patron de JPMorgan considère que même un jean à la coupe correcte et une paire de baskets sobres peuvent faire l'affaire. Il laisse néanmoins les supérieurs hiérarchiques direct libre de décider si ce look décontracté est compatible avec les relations qu'entretiennent leurs collaborateurs avec la clientèle.

Le streetwear (jeans larges de type baggy et baskets trop typées sport) sont en revanche proscrits. Tout comme les tenues laissant apparaître de manière inappropriée certaines parties du corps.

S’adapter et évaluer le contexte

Mais Jamie Dimon se veut avant tout pragmatique. Si le banquier moderne "doit parler le même langage vestimentaire que ses clients", il est de son devoir également de s’adapter, et de garder par exemple un costume-cravate classique, quand il rencontre un PDG ou, plus largement, un client habillé ainsi.

Le patron de JPMorgan fait confiance au bon sens de ses banquiers, pour évaluer le contexte et la situation, et s’adapter en fonction. Avec un impératif: le "business casual" n’est pas le "week-end casual". C’est pourquoi, par exemple, les chemises de base-ball des Mets ou des Yankees, les maillots de football américain des Jets ou des Giants, ou de toute autre équipe, ne sont pas les bienvenues au travail, même si les banquiers les plus élégants adorent les porter le week-end.

Jamie Dimon livre ainsi un nouveau code vestimentaire qui fera moins tache dans un monde où les patrons multimilliardaires comme Mark Zuckerberg, traînent plus en sweat à capuche qu’en complet-veston, et où les plus récents embauchés chez Goldman Sachs sont plus des geeks que de jeunes diplômés de la Wharton Business School.

Une évolution, voire une révolution, pour JP Morgan, qui, historiquement, figure parmi les banques les plus conservatrices de Wall Street. Son fondateur, Jean Pierpont Morgan, doit même se retourner dans sa tombe, lui qui ne jurait que par les costumes trois-pièces, le haut-de-forme et la montre de poche…

Antoine Larigaudrie