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1 Français sur 4 se dit prêt à quitter sa banque pour une Fintech

Une étude de Deloitte montre une évolution de la notoriété et de l'intérêt pour ces nouveaux services.

Une étude de Deloitte montre une évolution de la notoriété et de l'intérêt pour ces nouveaux services. - Justin Sullivan-Getty-Images-North-America-AFP

L'intérêt grandissant pour ces nouveaux services financiers que les ménages sont nombreux à utiliser "sans le savoir" laisse présager un développement de leur utilisation, selon une étude du cabinet Deloitte.

Plus de 8 Français sur 10 ignorent ce que sont les Fintech, ces start-up innovantes qui misent sur les technologies numériques pour concurrencer les banques sur certains créneaux, comme les comparateurs de prix et les transferts d’argent. Pourtant, ils sont nombreux à utiliser sans le savoir ces nouveaux services financiers, dont la notoriété est croissante même si certains prédisent une fin funeste de ces activités. C’est ce que révèle la 2e édition du baromètre Deloitte publiée lundi.

Selon le cabinet d’audit et de conseil, 26% des ménages interrogés utilisent ainsi les comparateurs de prix et de services tandis que 15% plébiscitent les transferts d'argent et les cagnottes. Autre prestation qui connaît un succès grandissant: le financement participatif, dont le taux d'utilisation est passé de 6 à 15% en un an. Enfin, l'agrégation de comptes, le conseil automatisé en investissement et les services liés aux objets connectés (assurance et santé) sont utilisés par moins de 10% de la population.

"L'intérêt des Français pour les services financiers digitalisés se confirme, révélateur d'un usage qui devrait croître", souligne l’étude. Par ailleurs, la plupart pensent qu'Internet peut leur faciliter la vie dans la gestion de leurs produits financiers et de leurs assurances, ce qui montre qu'ils "sont prêts pour une gestion de leurs finances personnelles digitalisée".

Vers la fin du modèle bancaire traditionnel?

Mieux, 25% se disent prêts à quitter leur banque ou leur assureur au profit d'une Fintech, pour ouvrir un compte bancaire ailleurs que dans une agence bancaire, voire dans un établissement de paiement de type PayPal. Le profil type des clients Fintech? Les hommes d'une quarantaine d'années habitant en région parisienne avec enfants, ayant une forte appétence pour le secteur bancaire et le digital, et dont le salaire net est supérieur à 3.000 euros par mois.

Pour autant, l'essor des Fintech pourrait-il remettre en cause le modèle bancaire traditionnel? Hugues Magron, Associé Conseil Industrie financière chez Deloitte, évoque l'émergence possible d'un système "où le client détiendrait un produit chez chaque acteur", avant de tempérer: "Un Français sur deux nous indique préférer avoir un interlocuteur unique qui agrégerait l'ensemble des services financiers et assurantiels".

Julien Mouret