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Les Français n'ont jamais eu autant d'épargne immédiatement disponible

Le solde moyen de tous les livrets et comptes épargne détenus par les ménages a progressé de 2000 euros en douze mois. Cette épargne supprémentaire de 56 milliards d'euros équivaut à 2,5% du PIB.

Les ménages thésaurisent toujours plus, mais veulent à la fois ne prendre aucun risque et garder la possibilité de dépenser leur épargne sans délai ni contrainte. Selon les derniers chiffres de la Banque de France, le montant total des sommes placées sur les livrets A, LDD, livrets jeunes, comptes épargne logement, livrets d'épargne populaire et livrets ordinaires, est passée de 750 en octobre 2019 à 756 milliards d'euros un an plus tard (+8,5%).

L’épargne moyenne immédiatement disponible des ménages atteint ainsi 26.000 euros par ménage. La plus grosse partie de cette somme (58,5%) est placée sur le livret A et son petit frère, le livret de développement durable et solidaire mais, par exemple, le solde moyen du livret d’épargne populaire, qui est réservé aux Français les plus modestes, atteint près de 4700 euros.

2000 euros de plus en moyenne par ménage

En moyenne, les ménages ont donc, en douze mois, mis 2000 euros de plus de côté sur des produits d'épargne réglementée qui leur rapportent entre 0,25% et 1% par an. S'ils étaient consommés pour les fêtes et l’année prochaine, ces 2000 euros par ménage permettraient de faire progresser le PIB de 2,5%.

Mais comme souvent, les moyennes sont trompeuses. En octobre, le conseil d’analyse économique s’était penché sur l’évolution de l’épargne entre mars et août 2020. Ses experts ont alors constaté que 80% des ménages avaient pu mettre davantage d’argent de côté. Sauf que parmi, eux, ceux dont l’épargne a le plus gonflé sont les 10% des Français les plus aisés. En moyenne, rien que sur cette période de six mois, ces ménages ont pu mettre 8750 euros de côté.

Ce sont donc les Français les plus aisés qui détiennent les clés du rebond de la croissance dont notre économie a besoin. Des ménages qui sont les plus à l’abri de la crise économique, les moins susceptibles de perdre leur emploi. Ils n’ont, dans l'absolu, pas besoin d’accumuler autant d’épargne de précaution. Toute la question est de savoir comment les commerçants, les industriels, l’Etat peuvent les convaincre de consommer et, ce faisant, de réinjecter dans l'économie, ces dizaines de milliards d’euros d'épargne forcée.

Pierre Kupferman
https://twitter.com/PierreKupferman Pierre Kupferman Rédacteur en chef BFM Éco