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La finance solidaire: une solution pour réduire ses impôts

L'investissement au capital d'une entreprise solidaire permet de défiscaliser tout en réalisant une bonne action.

L'investissement au capital d'une entreprise solidaire permet de défiscaliser tout en réalisant une bonne action. - -

Pourquoi pas défiscaliser en faisant une bonne action ? De plus en plus d’investisseurs et d’épargnants ont recours à la finance solidaire. L’investissement direct au capital d’une entreprise de ce type est un placement peu risqué. Explications et conseils.

Loin des paradis fiscaux et de la spéculation à outrance, une autre finance rencontre un succès grandissant. L’encours du financement solidaire a dépassé le milliard d’euros pour la première fois en 2012, selon le baromètre annuel que vient de publier l’association Finansol.

Dans l’univers des placements solidaires, un dispositif se démarque: l’investissement direct au capital des entreprises solidaires. Réduire son impôt tout en créant des emplois non délocalisables, en réinsérant une personne sans logement, en finançant un agriculteur bio ou en accordant un micro-crédit à un entrepreneur d’un pays pauvre, c’est possible.

En 2012, les financements solidaires ont permis de créer ou sauvegarder 36.000 emplois en France, de trouver 4.400 logements à des personnes en situation précaire et d'accorder un micro-crédit à plus de 20 millions de personnes dans les pays en développement.

"La recherche première d’un investisseur solidaire, ce n’est pas de générer la performance financière la plus importante, c’est de s’assurer que son investissement a une rentabilité sociale", explique d’emblée Sophie des Mazery, directrice de Finansol. Mais à y regarder de plus près, le dispositif a ses avantages.

Deux types d'avantages fiscaux

Finansol recense environ 70.000 investisseurs au capital d’une entreprise solidaire en France. "Le dispositif fonctionne différemment selon que l’on est assujetti à l’impôt sur la fortune ou à l’impôt sur le revenu", explique Sophie des Mazery.

Les contribuables soumis à l’ISF peuvent déduire 50% de leur investissement, sans limite. Ceux qui paient l’impôt sur le revenu peuvent récupérer 18% du montant investi, en respectant le plafonnement des niches fiscales, fixé à 10.000 euros pour 2013.

Dans les deux cas, les titres achetés doivent être conservés cinq ans, contre dix pour un investissement dans une entreprise classique.

Un investissement peu risqué

Mais l’avantage n’est pas que financier : les entreprises solidaires font aussi preuve d’une certaine solidité financière. "On n’a jamais eu à déplorer un dépôt de bilan pour les entreprises solidaires qui ouvrent leur capital aux particuliers", note Sophie des Mazery.

L’investissement se révèle donc moins risqué que d’autres mécanismes de défiscalisation comme les Fonds d’investissement de proximité (FIP) ou les Fonds commun de placement dans l’innovation (FCPI).

Un point faible tout de même : les entreprises solidaires ne versent pas de dividendes sur leurs actions. Mais cela n’exclut pas pour autant la rentabilité.

Revalorisations d'actions

"Une économie de 50% sur cinq ans [pour les imposables ISF], cela fait tout de même du 5% par an. Quel placement aujourd’hui vous garantit un tel rendement ?", rappelle Alix Guibert, responsable financière chez la foncière Habitat et Humanisme.

Cette société, qui lutte contre le mal-logement, revalorise ses actions grâce à son patrimoine immobilier. Un système qui lui a jusqu’ici permis de proposer une revalorisation proche de l’inflation chaque année.

"Ce n’est parce qu’on fait du solidaire que les intérêts économiques doivent passer au second plan", estime Alix Guibert. "Mais l’argent rapporte tellement peu aujourd’hui, autant que ce soit utile".

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Romain Fonsegrives