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Un prêt à taux zéro élargi pour relancer l’accès à la propriété

Selon nos informations, le gouvernement va élargir le prêt à taux zéro pour aider les ménages à financer l'achat de leur première résidence principale.

Le gouvernement s'apprête à élargir le prêt à taux zéro (PTZ) pour faciliter l’accès à la propriété, l'un des principaux leviers dans la relance du secteur de la construction, que François Hollande considère comme un pilier de la croissance en France. Selon nos informations, l'idée est de profiter du vote du budget rectificatif en décembre, pour permettre une application immédiate des nouvelles conditions d'accès au PTZ.

Le gouvernement pourrait actionner trois leviers. Le PTZ, qui permet aux primo-accédants de financer une partie de l’achat d’un logement neuf (ou ancien avec des travaux importants), verrait tout d’abord son plafond de ressources relevé.

Aujourd’hui les ménages susceptibles de financer leur acquisition en partie grâce à un PTZ ne sont pas en mesure d'acheter dans le neuf. Par exemple, les revenus d'un couple sans enfant souhaitant acquérir un bien immobilier à Paris ne doivent pas excéder 50.400 euros. Pas assez pour acheter un deux-pièces vendu au mieux 400.000 euros. 

La FFB réclame un véritable choc. L'espoir: que le nombre de PTZ retrouve ses meilleurs niveaux. On pourrait passer de 65.000 cette année à 100.000 l'an prochain. 

Autre curseur, le coût maximal de l’opération (coût de la construction ou de l'achat et honoraires de négociation) sur lequel le PTZ sera calculé, selon la zone d'implantation et le nombre d'occupant du logement. Actuellement, il est de 345.000 euros pour un logement situé à Paris et destiné à une famille composé d'au moins 5 personnes. Dans ce cas, le couple demandeur pourra prétendre à un PTZ de 89.700 euros, le plafond maximal que l'Etat accorde à ce jour. 

Enfin, dernier levier: le différé de remboursement, autrement dit la date du début du remboursement à l'Etat du crédit gratuit que ce dernier lui a consenti: il est de 6 ans en moyenne. L'idée serait de l'allonger un peu plus.

Rien n’est encore définitivement tranché du côté de l’Elysée, mais le chef de l’Etat veut aller vite.

Le timing idéal?

L'éventuel élargissement du PTZ -dans un marché de la résidence principale en berne- interviendrait à un moment particulièrement opportun pour le gouvernement. Les taux d’intérêt toujours extrêmement faibles permettraient de contenir le coût du PTZ pour les finances publiques.

Cette année, 1 milliard d’euros avaient été budgétés pour financer le dispositif mais d’après les dernières projections, le coût final ne pourrait être que de 500 millions d’euros, soit moitié moins par rapport à ce qui avait été prévu au départ.

La mise en place de cette mesure constituerait également un véritable moteur pour la croissance française. En relançant la primo-accession, l’Etat donnerait dans le même temps un coup de booster à la consommation et à l’activité du pays, alors que ce secteur contribue à hauteur de 20% du PIB de la France.

Ce dispositif est également appelé à stimuler l’emploi, sachant qu’un logement construit équivaut à trois emplois créés, estiment certains intervenants de marché. On voit donc bien tout l'intérêt d'une telle mesure. 

L’accession à la propriété a marqué le pas au premier semestre 2015, reculant de 7% sur un an, indique une étude récente de Nexity. La part des primo-accédants dans ses opérations est tombée à seulement 20%, du jamais vu depuis 10 ans.

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Marie Coeurderoy, édité par Julien Mouret