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Grands crus, chevaux, voitures… quand investir rime avec plaisir

Certains investissements bénéficient encore d'exonération

Certains investissements bénéficient encore d'exonération - -

La fiscalité se durcit, les investissements rentables deviennent rares, mais il existe encore des placements intéressants car défiscalisés. Encore faut-il en avoir les moyens.

Doit-on vraiment choisir entre gérer son portefeuille et se faire plaisir? Avec certains placements, il est possible de faire les deux. Grands Crus, chevaux de courses, or, … Autant d’investissements qui permettent de réaliser des plus-values tout en étant exonérés d’ISF.

> Le vin

Source: Flickr

Le rendement est intéressant ! En près de cinq ans, l'indice Liv-ex 100, qui recense les plus grands domaines français, essentiellement bordelais, a gagné plus de 10% quand, dans le même temps, le CAC 40 reculait de 18%.

Mais il y a un autre intérêt à investir dans les grands vins. Si le montant de la vente ne dépasse pas 5.000 euros, les plus-values réalisées ne seront pas soumises à l’impôt. Au-delà de cette somme, les gains sont taxés à 32,5%, dont 19% de prélèvement forfaitaire libératoire et 15,5% de prélèvements sociaux. Au bout de trois ans de détention, l’abattement s’élève à 10%. Au bout de douze ans, les vins sont totalement exonérés.

> Les chevaux de courses

Source: AFP

Investir dans un cheval est rentable, certes, mais demande certains moyens. Tout d’abord, le ticket d’entrée moyen pour l’achat d’un cheval de course se situe autour de 10.000 euros. Ensuite, le législateur a posé une condition essentielle pour obtenir l’agrément : les futurs propriétaires doivent justifier un revenu annuel de 30.000 euros en province et de 75.000 euros à Paris, afin de s'assurer qu'ils ont les moyens de subvenir aux besoins de l'animal.

Mais en cas de victoire, le retour sur investissement est rapide. Les courses ont des prix pouvant aller de 10.000 euros à 2,2 millions d’euros pour le prix de l’Arc de Triomphe. Attention, les gains de courses ne sont exonérés que si le propriétaire n'est pas professionnel.

Pour les budgets plus serrés, il est également possible d’acheter des parts dans une écurie. Certains sites proposent, à partir de 5.000 euros en moyenne, d’acheter des parts qui serviront, non pas à faire courir les chevaux (trop aléatoire) mais à investir dans des étalons pour gagner de l’argent sur les saillie. Celles-ci peuvent atteindre 2.000 euros, et quand on sait qu'un cheval peut faire jusqu’à 100 saillies par an, l'affaire peut être très rentable. Et à condition de détenir les parts au moins cinq ans, le particulier bénéficiera des avantages fiscaux accordés à l’investissement dans les PME.

> L’art

Source: Flickr

Qu’est-ce que l’art ? Question qui prête à sourire mais qui a toute son importance quand il s’agit de fiscalité. En effet, les œuvres d’art échappent à l’impôt sur la fortune, mais sous condition. Les objets anciens, de plus de 100 ans, bénéficient automatiquement de l’exonération, sans avoir besoin d’être mentionnés dans la déclaration d’ISF. En revanche, pour les œuvres contemporaines, il faudra prouver l’intérêt artistique ou culturel.

Lors de la revente, si le vendeur possède la facture d’achat, il sera appliqué un prélèvement forfaitaire sur la plus-value de 19% auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux.Toutefois, une décote de 10% à partir de la troisième année de détention est retenue. Donc, une œuvre est tout simplement exonérée d’imposition après 12 ans.

Si le vendeur ne possède pas la facture, il fera l’objet d’une imposition forfaitaire de 4,5 % + 0,5 % de CSG sur la valeur de l’objet.

> Les voitures de collection

Source: Reuters

La fiscalité des véhicules de collection est attrayante. Ils sont assimilés aux œuvres d’art donc ne sont pas soumis à l’ISF.

Concernant l’imposition sur la plus-value, elle est intéressante à condition de produire une preuve de l’achat. Le vendeur peut choisir une taxe de 19% sur les plus-values, ce à quoi il faut ajouter les prélèvements sociaux (15,5%), soit 34,5% au total. Avantage important: un abattement de 10% par an est appliqué au-delà de la 2ème année de détention. Ce qui permet une exonération totale au bout de 12 ans.

L’autre possibilité est d’appliquer une taxe forfaitaire de 5% sur le montant total de la vente. Cette taxe est obligatoire en l'absence de facture et autre preuve d'achat. Les ventes d'un montant inférieur à 5.000 euros sont exonérées.

"Cela concerne tout véhicule, quel que soit son âge, présentant un caractère historique (par exemple, si le modèle a appartenu à un personnage célèbre), tout véhicule de compétition ayant un palmarès sportif international majeur, ou encore tout véhicule âgé de plus de 25 ans, dont il est établi qu'il subsiste moins de 2% des exemplaires produits. Ce, à condition qu'ils soient en état de rouler", selon le Bulletin officiel des impôts n° 131 du 4 août 2006.

Diane Lacaze