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Encadrement des loyers: "46% des annonces sont hors des clous"

Sébastien de Lafond, le PDG de

Sébastien de Lafond, le PDG de - Meilleursagents.com

Sébastien de Lafond, président et co-fondateur de Meilleursagents.com, revient sur l'encadrement des loyers, entré en vigueur début août à Paris ainsi que sur l'évolution des prix dans la capitale.

L'encadrement renforcé des loyers vient d'entrer en vigueur à Paris. Or, selon vous, la mise en place des loyers de référence dans la capitale a un un "impact sous-estimé". C'est-à-dire?

La volonté de Meilleursagents était de contribuer à rendre le marché le plus transparent possible. Et pour cela, nous avons jugé important de s'interroger sur le niveau exact des loyers de marché à Paris. Or en épluchant les annonces de biens à louer, nous avons constaté que près de la moitié d'entre elles étaient hors des clous: 46% des loyers affichés étant supérieurs aux loyers de référence majorés de 20% imposés par la loi. Loin du chiffre de 20% évoqué par les pouvoirs publics! Cette situation concerne beaucoup de quartiers parisiens, et démontre une fois de plus que l'immobilier est un "marché de contraste".

Qu'entendez-vous par là?

Il faut bien comprendre que deux biens identiques, d'un quartier à l'autre, d'une rue à l'autre, et même d'un immeuble à l'autre, peuvent voir leur valeur varier de 20 à 40%. La conséquence? L'écart entre les loyers "réels" et ceux établis par l'administration est beaucoup plus fort que ce que le législateur a imaginé. Nous avons conscience du fait qu'il s'agit d'un choix avant tout politique, mais nous souhaitions avant tout montrer la difficulté de monter un tel dispositif d'encadrement des loyers. Les loyers font le grand écart, donc, tout comme les prix à l'achat parfois !

Quelle tendance, en la matière, pouvez-vous dégager actuellement à Paris?

L'Indice de tension immobilière (ITI) de Meilleursagents, qui mesure le nombre d'acheteurs pour un bien mis en vente, montre que l'on manque d'acheteurs à Paris. Il y en a en moyenne 1,2 pour un bien, alors qu'il en faudrait 2 pour que le marché s'équilibre. La demande est globalement en légère augmentation, parallèlement au mouvement de baisse des prix, de 3,5% environ sur un an. Nous estimons que depuis juillet 2011, les prix ont baissé de 10%. Pour autant, nous ne croyons pas qu'il y aura une forte correction. Le marché pourrait rebondir courant 2016, si la reprise de l'emploi tant attendue est au rendez-vous.

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