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Cette start-up crée un nouveau type de prêts pour financer des études

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- - Frédérick Florin - AFP

Sur le principe financement participatif, Studylink permet aux étudiants de réunir les sommes nécessaires pour suivre leur cursus. Famille et proches peuvent être sollicités ainsi que les adeptes de l'épargne sociale et solidaire.

Quelles sont les possibilités pour un étudiant qui cherche à financer ses études? Trouver un petit job, contracter un prêt à la banque… ou compter sur les largesses de ses parents. Studylink propose un mode de financement alternatif: le prêt étudiant participatif. Tout comme des starts-up cherchent à financer leur développement via le crowdfunding, ici les investisseurs misent sur la réussite de leur "poulain".

Les étudiants les plus chanceux disposent dans leur carnet d'adresses d'une liste de proches qu'ils savent en mesure de les aider. Une fois leur profil créé, ils peuvent alors lancer l'appel auprès de leur famille et de leurs amis. "Il est toujours difficile de parler d'argent et cela peut rapidement tourner à la querelle familiale. Notre service permet de réunir la somme et de planifier un échéancier de remboursement auprès de chacun des donateurs" explique Jeremy Ruet, cofondateur de StudyLink. La plate-forme endosse donc le rôle de tiers de confiance, et évite de passer par un notaire pour établir une reconnaissance de dette.

Des prêts de 7.000 à 8.000 euros

Pour les étudiants qui ne peuvent s'appuyer sur leur entourage, Studylink leur permet d'entrer en relation avec des investisseurs adeptes de l'épargne sociale et solidaire. "Nous avons plusieurs profils, des retraités qui ont envie de soutenir la jeune génération, des cadres qui veulent aider les étudiants qui ont fait la même école qu'eux ou qui ont un coup de cœur pour le parcours d'une personne", cite en exemple Jeremy Ruet.

Naturellement, les demandes des étudiants sont étudiées avant d'être mise en ligne. Le site s'assure de leur identité, qu'ils sont bien scolarisés pour éviter les escroqueries, ainsi que de leur santé financière. "En moyenne, les prêts s'élèvent à 7.000 ou 8.000 euros. Il n'est pas question de lancer une demande sur un jeune qui voudrait 30.000 ou 50.000 euros. La somme est trop importante par rapport à la taille de la communauté et il y a aussi plus d'incertitudes sur la capacité de remboursement", met en garde le jeune entrepreneur.

D'ailleurs, pour que l'investisseur sache où il va mettre son argent, l'étudiant doit décrire son parcours et ses aspirations professionnelles. Studylink y ajoute les perspectives d'emploi et de rémunération dans son secteur. Les deux parties échangent souvent avant de faire affaire, ce qui permet de créer du lien. "Plus il y a de connexions entre le donateur et le receveur, plus le risque de défaut de paiement est faible. L'étudiant se sent responsable", met en avant le co-fondateur. Mais en cas de difficultés de remboursement, le site sert là encore d'intermédiaire pour convenir d'un rééchelonnement.

Des taux très attractifs

L'étudiant indique le taux d'intérêt maximal qu'il est en mesure d'accepter. Mais c'est le prêteur qui fixe le taux de rémunération. Quand c'est un membre de la famille, il est bien souvent de zéro. Pour les autres, les taux ne vont jamais au-delà de 5%. L'altruisme reste le moteur des prêteurs. "Nous avons plusieurs investisseurs qui prêtent au taux de 0,75%, soit celui du livret A.", souligne Jérémy Ruet.

Studylink veut-il concurrencer les banques ? Pour son créateur, son offre est complémentaire. "Les banques prêtent à des taux très bas, souvent de 1%, mais elles sont très sélectives. C'est réservé aux meilleurs profils, ceux des grandes écoles par exemple, et il faut disposer de deux garants", détaille-t-il. Face aux refus des banques, de nombreux étudiants avaient recours aux prêts à la consommation, où les taux sont bien plus élevés.

Pour ses services, Studynlinh prélève une commission de 4% sur les sommes réunies pour l'étudiant. Depuis son lancement il y a 6 mois, 300 dossiers ont été étudiés, mais une quinzaine ont été sélectionnés. "Il faut quelques jours pour réunir l'argent nécessaire quand on fait appel au cercle familial. Quand on compte sur la communauté d'investisseurs, cela peut prendre deux ou trois mois pour boucler son financement", conclut Jérémy Ruet. 

Coralie Cathelinais