BFM Patrimoine

2013, une année encore plus sombre que 2012 pour le marché immobilier?

Les transactions immobilières ont chuté en 2012

Les transactions immobilières ont chuté en 2012 - -

L'activité immobilière s'est effondrée en 2012 en tombant à seulement 655 000 transactions. Et ces dernières pourraient être encore moins nombreuses cette année.

Une chose est certaine, le marché immobilier français est en crise. Le nombre de transactions a chuté en 2012. Il est passé de 805 000 en 2011 à 655 000 l’année dernière, d’après la Fnaim.

"C'est une chute extrêmement forte, plus importante que celle qui a suivi la crise des subprimes", a souligné Jean-François Buet, le président de la Fnaim (Fédération nationale de l'immobilier). En effet, en 2008, le nombre de ventes de logements anciens avait reculé de 810 000 à 673 000.

Et il n’y aura pas de miracles pour 2013. Le président de la Fnaim, prévoit seulement une stabilisation des prix en 2013 et au maximum une baisse de 2% par rapport à 2012. Le volume des transactions devrait encore diminuer, peut-être jusqu'à 600 000, et des "agences devront réduire la voilure et certaines mettre la clé sous la porte même si on ne devrait pas retrouver les chiffres de baisse de 2012", a conclu Jean-François Buet. Les agences immobilières ont perdu 10 000 emplois salariés sur un total de 80 000 et 3000 d'entre elles sur un total de 30 000 ont fermé leurs portes en 2012.

77% des vendeurs seraient prêts à baisser leurs prix

Ce qui explique ce recul ? "L’extrême attentisme des acquéreurs", déplore Jean-François Buet. Selon un sondage Ifop réalisé pour la Fnaim, le temps de réalisation des transactions s’est considérablement allongé.

Pour près d’une opération sur deux, il a fallu de quatre à six mois pour finaliser les ventes. Dans un cas sur trois, le délai s’est étalé entre six mois et un an. Il a même été supérieur à un an dans 9% des opérations. La raison en est simple: les ménages, inquiets du contexte économique, reportent leur décision d’achat. Pour 58% des personnes interrogées, les conditions d’octroi de créduits immobiliers sont trop difficiles et pour 56% les prix sont perçus comme trop élevés.

Car en effet, même si les taux sont historiquement bas (ils ont atteint en décembre leur plus bas historique à 3,23%, selon une étude de l'Observatoire Crédit Logement/CSA) et même si les prix se sont stabilisés – ils n’ont augmenté que de 0,8% contre 7,3% en 2011 – il faut rappeler qu’entre 1998 et 2007, le prix moyen par maison s’est envolé de 130,6% et celui des appartements de 157,3%. Entre 2007 et 2012, les appartements se sont encore revalorisés de 5,8%.

Mais, la situation pourrait être en passe de changer. Ainsi 77% des vendeurs se déclarent prêts à baisser leurs prix si cela permet de dénouer la transaction. "Cet assouplissement des esprits est assez nouveau", note le président de la Fnaim.

De plus, pour trouver leur futur toit, 53% des ménages se déclarent enclins à élargir leur zone géographique de recherche ; 50% veulent bien assouplir leurs critères de choix (rez-de- chaussée, sans ascenseur, sans balcon) ; 43% achèteraient un bien à rénover, 33% un logement plus petit.

Diane Lacaze