Syrie-France: Laurent Fabius parraine des zones rebelles

Paris organise son aide aux zones syriennes "libérées", afin de préparer l'après Bachar Al-Assad et d'éviter une radicalisation islamiste de la rébellion .

Harold Hyman
Le 18/10/2012 à 12:25
Mis à jour le 18/10/2012 à 12:39

La quinzaine de localités syriennes débarrassées définitivement de la présence gouvernementale reçoit un flot modeste mais constant d'aide civile française. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères en pointe sur le projet, tente d'amener d'autres diplomaties, européennes et canadienne, à suivre son exemple.

Les élus locaux invités de Fabius

Le ministre a donc invité à Paris les diplomates d'une vingtaine d'États à venir voir les chefs des localités syriennes libérées dans les gouvernorats d'Idlib, Alep, Deir Ezzor. Cinq d'entre eux étaient présents, arrivés directement de la Syrie. Leurs zones respectives sont situées près de la frontière turque, et c'est sans doute par là qu'ils ont été extraits et dirigés vers Paris, avec l'aide des diplomates et éventuellement agents secrets français.

 

3 millions d'euros d'aide

Les villes ainsi libérées s'appellent Conseils révolutionnaires civils (on peut dire aussi Comité, pour l'instant du moins). Ils reçoivent du matériel de boulangerie industrielle et de la farine. L'idée française est de maintenir l'approvisionnement en nourriture, afin d'écarter tout réflexe de migration intérieure. En chiffre, je situe la somme déboursée pour l'instant à 3 millions d'euros, c'est-à-dire l'addition de 1,5 million d'euros à la quinzaine de Comités révolutionnaires, plus ce que l'État français débourse pour le camp militaire de Zaatari en Jordanie et puis l'aide qui passe par l'Union européenne.

 

Montrer les élus aux diplomates

Les 5 élus des Comités ont pu s'adresser aux diplomates de vingt États, sous les lambris de la République au Quai d'Orsay. Auront-ils séduit les vingt capitales ? L'Allemagne et le Canada sont réceptifs, les États-Unis regardent tout en faisant leur propre système.

 

Les chances de remplacer l'État syrien par les Comités

Les dirigeants français sont actuellement préoccupés par "le jour d'après" la chute de Bachar Al-Assad. Et ils craignent la radicalisation de la rébellion sur des lignes salafistes, djihadistes, le tout couronné par un nettoyage ethno-confessionnel. Le programme français est expliqué dans un document gouvernemental.

Pour Paris, il y a environ 50 % du territoire syrien qui échappe au contrôle du régime Assad. Mais comme le remarque un diplomate, il y a quand même du désert en Syrie. Et puis il y a ce que j'appellerai la cinquième colonne, les résistants des zones dites "occupées". On nomme cela les réseaux de solidarité.

 

L'argumentation se dessine

Pour Laurent Fabius, les formules "Amis du Peuple syrien", et le "Conseil national syrien", et les "Comités et Conseils révolutionnaires", ont toutes été utilisées. Aujourd'hui, il cherche à faire surgir une administration locale d'abord, un gouvernement provisoire demain. Cela paraît utopique, mais qui dit mieux dans la communauté internationale ?

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