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Immobilier : Faut-il interdire les résidences secondaires sur le littoral breton?

Presqu’île de Rhuys

Presqu’île de Rhuys - Alexandre Lamoureux - Wikipédia

Le nombre de résidences secondaires s'envole en Bretagne. Nil Caouissin, ancien porte-parole de l’Union démocratique bretonne, propose à quelques semaines des élections régionales la création d'un statut de résident breton.

"Il y a un problème d'excès de résidences secondaires en Bretagne". Nil Caouissin, ancien porte-parole de l’Union démocratique bretonne (UDB), se plaint de l'explosion du nombre de résidences secondaires sur le littoral. Dans un article publié le 2 mai, Ouest-France constate que sur le littoral breton, les résidences secondaires représentent souvent plus de 20% des logements. Sur la presqu'île de Rhuys par exemple, près de 8 logements sur 10 sont des résidences secondaires. A l'échelle de la région dans sa globalité, le phénomène est moins important. Selon les dernières données disponibles de l'Insee, la Bretagne comptait 13,3% de résidences secondaires en 2017, soit un peu plus de 255.000 maisons ou appartements.

Nil Caouissin voudrait donc créer un statut de résident breton. Dans les communes où le nombre de résidences secondaires est jugé trop élevé, il aimerait que soit interdit l'achat d'un logement par les personnes qui ne résident pas dans l'intercommunalité depuis au moins un an. A Ouest-France, il évoque trois pistes pour choisir les communes concernées. Là où le taux de résidences secondaires est jugé trop élevé (il prend l'exemple de 20%), l'emballement des prix du foncier et le taux de logements vacants. Selon lui, cela ne pénaliserait pas tellement le tourisme car "le tourisme ne passe pas que par la résidence secondaire".

Problème de légalité?

Mais pour Franck Maussion, président de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim) en Bretagne, "quand on met un carcan très fort, les gens vont chercher un biais pour le détourner", d'autant plus que "tout le monde est content de vendre plus cher". Et il ajoute que pour acquérir ce statut de résident, il faudra être locataire pendant au moins un an. Or, le marché locatif est sous tension également.

De plus, reste le problème de la légalité. Pour certains, cela s’oppose à la Constitution qui impose l’égalité des Français devant l’accès à la propriété. Pour Nil Caouissin, "à partir du moment où n’importe qui peut accéder à ce statut en ayant résidé quelque part, il n’y a pas de discrimination". La liste écologiste Bretagne d’avenir a, en tout cas, rajouté cette proposition à son programme pour les élections régionales de juin.

Diane Lacaze