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Les négociations sur les retraites complémentaires aboutissent à un échec

Un accord semblait pourtant se dessiner dans l'après-midi

Un accord semblait pourtant se dessiner dans l'après-midi - -

Les partenaires sociaux n'ont pas réussi à s'accorder sur le moyens de financer les retraites complémentaires du privé, ce jeudi 7 mars. Une nouvelle réunion est prévue le 13 mars prochain.

Les partenaires sociaux se sont séparés, ce jeudi 7 mars, sur un constat de désaccord à l'issue de la sixième séance de négociations sur le financement des caisses de retraites complémentaires du secteur privé.

Le négociateur de Force ouvrière, Philippe Pihet, a précisé que syndicats et patronat s'étaient donnés de nouveau rendez-vous le 13 mars.

Les dernières propositions du patronat "ne nous (vont) absolument pas", a déclaré Philippe Pihet, parlant de "conditions inacceptables". "C'est un blocage complet", a ajouté Danièle Karniewicz, de la CFE-CGC.

Un blocage sur les taux de cotisations

Le désaccord entre les parties portent sur le choix du taux de cotisation à augmenter. Les régimes complémentaires Agirc (cadres du privé) et Arrco (salariés du privé) se caractérisent par deux taux.

Le premier, "le taux contractuel", ouvre des droits à la retraite. En clair, plus un salarié cotise plus sa pension est élevée, au contraire du second, le "taux d'appel". Ce dernier taux sert ainsi à renflouer les caisses des complémentaires.

Les syndicats souhaitent une hausse du "taux contractuel", pour de meilleures pensions. Le patronat, pour sa part, a proposé une augmentation du "taux d'appel d'un point en 2014" qui pourrait ensuite se transformer en hausse du "taux contractuel" sous plusieurs conditions, comme la reconstitution des réserves financières des régimes, a expliqué Jean-François Pillard (Medef). 

Les organisations syndicales de salariés étaient prêtes à une hausse combinée des deux taux, ce qui laissait, plus tôt dans la journée, entrevoir un accord. "Le patronat a refusé", a déploré Eric Aubin (CGT).

Autre condition: "un recul significatif de l'âge moyen de départ à la retraite", selon le texte patronal remis à la presse.

Des négociations ouvertes depuis octobre

Ces négociations ont lieu depuis octobre dernier. Les partenaires sociaux doivent trouver la ou les solutions pour dégager au moins 5 milliards d'euros par an, montant actuel du déficit des régimes. Un chiffre qui atteindra plus de 10 milliards en 2017.

Comme le régime de retraite de base de la sécurité sociale, les complémentaires sont confrontées à l'augmentation du nombre de pensionnés en même temps qu'à la trop faible hausse des cotisations en raison de la conjoncture. Agirc et Arrco doivent donc puiser dans leurs réserves accumulées au fil des années (via des placements financiers) pour payer les pensions de leurs adhérents. Mais ces réserves fondent comme neige au soleil.

J.M. avec Reuters