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Christian Noyer veut geler les retraites et les prestations sociales

Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, a estimé que la France n'était "pas dans l'austérité", mercredi 10 avril.

Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, a estimé que la France n'était "pas dans l'austérité", mercredi 10 avril. - -

Invité d'Europe 1, mercredi 10 avril, le gouverneur de la Banque de France s'est prononcé en faveur d'un gel des retraites de base, mais aussi des salaires des fonctionnaires et des prestations sociales. Pour lui, la France n'est "pas dans l'austérité".

Il est peu de dire que Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, maîtrise l’art du contrepied. Alors que les ministres de l’aile gauche du gouvernement s’emploient à dénoncer la politique d’austérité de l’Union européenne, le dirigeant dit exactement le contraire.

Pour lui, la France doit très largement geler les retraites, les prestations sociales et les salaires des fonctionnaires afin de réduire son déficit public à 3% du PIB l'an prochain.

Invité d’Europe 1, celui qui est aussi membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a déclaré : "3% l'année prochaine, avec les prévisions qui vont sans doute être fixées par le gouvernement (...), ça veut dire faire en 2014 le même niveau de dépenses qu'en 2012, c'est à notre portée quand même", tout en réaffirmant que la croissance française cette année "sera proche de zéro".

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Aligner les régimes de base sur les complémentaires

Selon lui la France "n’est pas dans l’austérité". Du coup, elle pourrait se permettre d’appliquer sur l'ensemble des régimes de base "ce qu'ont décidé les partenaires sociaux, c'est-à-dire les geler pendant deux ans, ou très largement les geler, sur le régime des fonctionnaires, sur les régimes spéciaux, sur le régime général", en référence à la décision prise le mois dernier par le patronat et les syndicats à propos des régimes complémentaires obligatoires.

"L'austérité ce serait de les baisser de 10% ou 15%, ce qu'ont fait certains pays", a-t-il conclu.

Par ailleurs, Christian Noyer estime qu'en 2014, "par rapport à la tendance spontanée qui serait une augmentation des dépenses en deux ans de 40 milliards, il fau(dra) faire 40 milliards (d'euros) d'économies".

Reste à savoir quelle voie le gouvernement français décidera d’emprunter.

Y.D.