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Pétrole : le cours au plus bas depuis un an

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- - YASSER AL-ZAYYAT / AFP

Les cours du pétrole ont fortement chuté ce vendredi, à deux semaines d'une réunion de l'Opep où les Saoudiens seront sous forte pression américaine.

Les cours de l'or noir ont atteint leur plus bas niveau depuis un an. Le baril de WTI, la référence américaine du pétrole, a terminé à 50,42 dollars sur le New York Mercantile Exchange. Une baisse de 4,21 dollars, soit 7,7% en dessous de la précédente clôture. La référence européenne du brut, le Brent, est pour sa part passée brutalement sous la barre symbolique des 60 dollars et a fini à 58,80 dollars sur l'Intercontinental Exchange de Londres. Une baisse de 3,80 dollars. Les cours de ces deux références de l'or noir ont perdu plus de 30% de leur valeur depuis le pic du 3 octobre dernier, et retrouvé leur niveau d'octobre 2017.

Le plongeon des cours du pétrole a entraîné la chute à New York des sociétés liées à l'industrie pétrolière. Ainsi, ExxonMobil a perdu ce vendredi 2,67%, Chevron 3,38%, ConocoPhillips 2,57%, et Schlumberger 2,67%. Au final, le Dow Jones a lâché 0,73%, à 24.285,95 points. Le Nasdaq a lui cédé 0,48% à 6.938,98 points.

La baisse des cours du pétrole s'explique notamment par la surabondance de l'offre sur le marché et le ralentissement de la demande. Selon Lukman Otunuga, analyste chez FXTM, un grand nombre d'investisseurs continuent de parier sur une baisse des cours, et ce même si les pays exportateurs de l'Opep pourraient réduire leur production lors de leur réunion prévue début décembre. «Le WTI pourrait très bien chuter à 50 dollars à court terme» estime l'analyste.

Les investisseurs s'inquiètent en effet d'une surabondance de l'offre, quelques semaines après la mise en place de nouvelles sanctions américaines contre l'Iran. Des sanctions marquées de plusieurs exemptions pour le commerce d'or noir qui ont surpris les analystes par leur ampleur. Huit pays ont en effet été autorisés à continuer à s'approvisionner en Iran.

Une réunion de l'Opep prévue début décembre

Tous les yeux seront donc rivés vers Vienne en Autriche le 6 décembre prochain, date de la prochaine réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole. Une organisation au sein de laquelle l'Arabie saoudite joue un rôle prépondérant. Les ministres de l'Opep échangeront aussi avec leurs partenaires non-membres du cartel, dont la Russie fait partie, à propos de leurs niveaux de production, tant scrutés par les marchés.

Mi-novembre, le ministre de l'Energie saoudien al-Faleh avait déclaré qu'il faudrait réduire la production mondiale de pétrole d'un million de barils par jour afin d'équilibrer le marché. Mais l'Arabie saoudite est confrontée à la pression américaine. Donald Trump souhaite que les prix soient maintenus à un niveau bas pour préserver les automobilistes de son pays d'une hausse des prix à la pompe.

Compte tenu du contexte actuel, et du soutien apporté par le Président américain au prince héritier Mohammed ben Salmane dans l'affaire du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, les experts de Petromatrix estiment qu'il «va être difficile politiquement à l'Arabie saoudite d'organiser une baisse coordonnée de la production de l'Opep. (...) Nous ne pouvons imaginer Trump accepter l'affront d'une réduction de production». Réponse attendue dans deux semaines.

En France, la baisse des cours du pétrole se fait timidement sentir dans les stations-service. Depuis la mi octobre, le sans-plomb a perdu 11 centimes et le diesel 7 centimes. Insuffisant pour de nombreux automobilistes qui dénoncent des taxes trop élevées. Pour preuve, la mobilisation des gilets jaunes ne faiblit pas, la hausse des prix des carburants étant à l'origine du mouvement. Mais pour l'heure le gouvernement garde le cap et compte bien mettre en place la hausse des taxes prévue en janvier prochain: plus 3 centimes pour l'essence et 6 centimes pour le diesel.

Sandrine Serais