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Le "risque" Marine Le Pen secoue les marchés financiers

Une victoire de Marine Le Pen inquiète de plus en plus les investisseurs.

Une victoire de Marine Le Pen inquiète de plus en plus les investisseurs. - AFP

Alors que la candidate frontiste caracole en tête des sondages pour le premier tour de l'élection présidentielle, l'écart de taux entre l'OAT française à 10 ans et le Bund allemand est passé de 45 à 80 points depuis le début d'année.

À l'approche de l'élection présidentielle française, qui se tiendra les 23 avril et 7 mai 2017, les investisseurs ont de plus en plus les yeux tournés vers Marine Le Pen. La candidate du Front national confirme de sondage en sondage sa nette avance au premier tour et continue même de grappiller son retard sur ses principaux adversaires, François Fillon et Emmanuel Macron, au second tour comme le montre le dernier sondage réalisé par Elabe pour BFMTV. Dans cette enquête, la candidate frontiste est créditée de 27% à 28% au premier tour suivant les configurations testées et recueillerait plus de 40% des voix au second tour, que ce soit contre le candidat LR (44%) ou celui d'En Marche (41%). Des intentions de vote très élevées qui commencent à inquiéter les marchés.

Preuve en est, l'écart de taux entre l'OAT française à 10 ans et le Bund allemand s'est considérablement accru. Alors que le "spread" entre les deux pays n'était que de 45 points au début du mois de janvier, il est désormais supérieur à 80 points. Sur cette période, les taux à 10 ans allemands ont progressé de 6 points à 0,25% tandis que les taux français ont eux grimpé de plus de 40 points à 1,09%. Pour Stéphane Van Huffel, co-fondateur de NetInvestissement.fr, Marine Le Pen n'explique pas tout. C'est aussi un signe, selon lui, que "l'Allemagne a réussi à se réformer ce que la France n'a pas encore réussi à faire. C'est donc un peu facile de tout mettre sur le dos de Marine Le Pen".

Les taux irlandais plus bas que les taux français

Autre effet du "risque Le Pen", les taux français et irlandais se sont croisés pour la première fois depuis 2007. Et ce, alors que la dette française est mieux notée par les agences de notation que la dette irlandaise. L'Irlande fait donc jeu égal avec la France sur les marchés obligataires malgré ses problèmes de dette qui l'avaient empêchée d'émettre des bons du trésor de 2010 à juillet 2012.

Les investisseurs étrangers s'inquiètent également de la position de Marine Le Pen dans les sondages. La grande banque américaine JPMorgan a indiqué désormais privilégier les actions allemandes qui, selon elle, sont "une protection contre le vote populiste en France". Car, face au risque d'une victoire de la candidate frontiste, "le Dax pourrait être un marché refuge relativement sûr au sein de la zone euro, comme ce fut le cas durant la crise de 2011-2012". À deux mois de la présidentielle, les investisseurs n'ont pas fini de se faire du souci. En tout cas, ils ont, semble-t-il, apprécié l'appel de François Bayrou à Emmanuel Macron puisque tout de suite après son annonce, le CAC 40 reprenait des couleurs (voir graphique).

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