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Gemalto mis à mal par les cartes virtuelles de Visa et MasterCard

Les actionnaires de Gemalto craignent que ses technologies de cartes à puce ne deviennent obsolètes.

Les actionnaires de Gemalto craignent que ses technologies de cartes à puce ne deviennent obsolètes. - -

Le titre Gemalto a perdu 4,75%, ce jeudi 20 février, à la Bourse de Paris. La veille, MasterCard et Visa avaient annoncé vouloir lancer une solution de paiement par mobile qui se passerait des puces du fabricant.

Les cartes de paiement virtuelles vont-elles rendre Gemalto obsolète? L'action du géant de la carte à puce accuse la plus forte baisse du CAC40, dans la matinée du jeudi 20 février.

A 11h08, le titre de Gemalto recule de 4,75% à 78,84 euros dans des volumes représentant 3,1 fois leur moyenne quotidienne des trois derniers mois.

Une chute qui s'explique par les annonces faites la veille par Visa et MasterCard sur leur intention de développer des solutions de paiement par mobile. Or ces systèmes se passeraient des technologies proposées par Gemalto.

Des données bancaires dans le cloud plutôt que sur une puce

Grâce à une fonctionnalité de la dernière version d'Android, la "Host Card Emulation", ou HCE, les smartphones équipés du système d'exploitation de Google pourront être transformés en plateforme de paiement plus sécurisé que les solutions proposées jusqu'à présent.

Les données bancaires de l'utilisateur ne sont plus stockées sur la puce de l'appareil, mais dans le réseau de données, le "cloud", du logiciel de paiement.

"Cela pourrait potentiellement permettre de se passer de l'élément sécurisé fourni par Gemalto, ce qui explique la pression sur le titre", observe un analyste en poste à Paris.

La solution de paiement par mobile pas encore fiable

Mais d'autres investisseurs rappellent que le stockage des données sur un logiciel pose des questions de sécurité, et que les transactions pourraient être ralenties par le volume de transfert demandé. "Il s'agit d'une menace tout à fait mineure à notre avis car le HCE ne remplit pas les conditions de sécurité et de rapidité du NFC [paiement par mobile, NDLR]", résume un analyste.

Ce dernier estime d'ailleurs que l'action Gemalto devrait récupérer ce qu'elle vient de perdre une fois la "poussière retombée".

J.S avec Reuters